Forum RPG sur la série Once Upon A Time
 
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 How to save a life ▬ Vanessa & Eléazar [FLASHBACK]

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MessageSujet: How to save a life ▬ Vanessa & Eléazar [FLASHBACK]   Dim 3 Fév - 19:32





« How to save a life »


Une brise marine vient effleurer mon visage qu’un keffieh dissimule en partie, me protégeant des tempêtes de sable d’Agrabah, des intempéries et surtout de ce soleil rasant. Je plisse les yeux vers le couchant. Deux heures avant que le jour ne laisse place à ces nuits étoilées paisibles et froides qui me rappellent les soirées d’Orient passées à lire quelque manuscrit abîmé aux coins, à déchiffrer d’innombrables sortilèges et symboles des Anciens, à apprendre par cœur les leçons que mon père et un précepteur me dispensaient. Je recopiais sur un parchemin en peau de mouton des milliards et des milliards de mots issus d’un lexique botanique en grec et en persan. Je suis bien loin de tout ça, perdu dans des contrées qui n’apparaissent même pas sur mes cartes. Je me repère difficilement dans ce nouveau royaume où le vent souffle de manière saccadée, où l’eau est salée, où chaque pas peut vous coûter la vie si par inadvertance vous veniez à glisser sur des algues humides.

Une sacoche entoure mes épaules, virevoltant au rythme de mon pas félin qui se glisse à travers les rochers escarpés. L’escalade n’a été qu’une formalité pour un gaillard bien bâti et un peu frondeur dans mon genre. Je parviens en haut d’une falaise que l’érosion a rendue dangereuse, m’assois en tailleur et médite quelques instants, inspirant l’air marin profondément. Mon père n’avait pas voulu me laisser partir, me croyant trop téméraire, trop inconscient. Tu vas te tuer, Jafar.

Pourquoi ? Quel péril m’attend au bout du chemin ? Il ne me plaisait plus d’être sous son joug autoritaire, voire tyrannique. Ses « je ferai de toi un grand sorcier » me rendaient dingue. J’ai claqué la porte et ai enfin parcouru le monde. Je ne sais pas exactement ce que je recherche. Tout simplement l’appel de la mer peut-être…Un parfum d’aventure aussi. Un étrange rayon attire mon attention en contrebas. L’homme ne peut se soustraire à ce qui brille. Je me risque à descendre de mon perchoir. Une force me pousse à découvrir le secret de ces ravines qui, dit-on, regorgent de trésors infinis, de petites grottes naturelles sont les refuges de secrets bien gardés du monde des hommes et des dieux.

Je m’accroche à la paroi rocheuse, bondis avec souplesse, construis un parcours intelligent. J’atteins le bout de ma course, à peine essoufflé par l’effort. Je prends en main l’objet coincé entre les crocs du bloc de roc. Une amulette. Je l’enfile autour du cou. Au moment même où je prends appui sur une nouvelle base, celle-ci se brise sous mon poids et tout mon corps balance dans le vide. Je regarde en contrebas. Il n’y a que la mort qui m’attend là en bas. Je crispe la mâchoire. La sueur coule de mon front. Je n’ai pas peur. Dans mon pays, il faut savoir accepter son triste sort. Au lieu de me débattre inutilement – car c’est inexorable – j’avale toute la vie dans mes poumons en feu, un air effroyablement amer, puis m’abandonne. Chute libre. L’eau m’engloutit. C’est fini. Fini…mon esprit prend le large.


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MessageSujet: Re: How to save a life ▬ Vanessa & Eléazar [FLASHBACK]   Dim 10 Fév - 20:02




    Solitaire. Voilà un mot qui pourrait me définir. Malheureusement pour moi bien souvent je ne l'étais pas par choix. Depuis ma naissance certains signes me différenciaient des autres. J'étais la seule dont la nageoire était noire comme le fin fond des abîmes quand celles des autres étaient vives comme l'arc-en-ciel.J'étais la seule que la magie intéressait. J'étais la seule à être différente. Surtout ces derniers temps à vrai dire. Le peuple d'Atlantica était en pleine agitation depuis la naissance d'Ariel. Mais moi, j'avais autre chose à penser. Cette petite bouille pleine d'innocence j'avais finit par m'en lasser. Ce que je voulais c'était explorer l'océan. Rester bloquée à Atlantica n'avait jamais fait parti de mes projets. Ainsi à la veille de mes 18 ans, j'avais décidé de prendre le large pour quelques temps. Triton m'avait exprimé son avis et pour lui je n'étais qu'une imprudente. Il savait néanmoins que rien ne m'aurait fait changé d'opinion et m'avait laissé partir.

    Je m'étais rapidement éloignée de mon lieu natal. J'avais préféré éviter le nord, les températures y étant extrêmement basses l'idée de m'y aventurer m'avait paru mauvaise. J'avais nagé vers l'est et fait des rencontres plutôt insolites. J'avais surtout développé mes pouvoirs. Même si mes tours restaient dans le registre de magie innocente, j'avais conscience que je pourrais faire plus et que ce n'était question que de temps. J'étais arrivée dans un endroit qui me semblait agréable. Les rayons du soleil transperçaient l'eau. J'aurais presque pu sentir la chaleur de ces derniers sur ma peau. Alors que je m'approchais des côtes quelque chose attira mon attention. Un sillon blanc se dessinait au loin. Comme si un rocher était entrain de fendre l'eau en coulant. Je m'approchai donc avec curiosité, trouvant tout de même que cette pierre n'avait pas une forme comme les autres. Effectivement puisque ce n'était pas une pierre mais un homme, un homme inconscient qui s'enfonçait dans l'eau. Dans un élan d'imprudence - ou de stupidité- je m'emparai de son corps inanimé pour le remonter à la surface. On m'avait pourtant mise en garde en ce qui concernait les humains. Mais celui ci n'était certainement pas en état de me faire quoique ce soit. J'avais toujours trouvé les hommes passionnants. J'étais certaine qu'ils pouvaient m'apprendre des choses, quoi qu'en dise le peuple des sirènes.

    L'homme était allongé sur le sable. Je l'avais emmené dans une crique, le courent y étant moins indiscipliné. D'où venait-il et comment s'était-il retrouvé au fond de l'eau ? Était-il totalement imprudent pour s'être aventuré sur ces falaises ? Tout ce qu'on pouvait y rencontrer était la mort. J'étais restée près du bord. Ma nageoire gigotait doucement tandis que quelques vagues venaient s'échouer sur cette dernière. Ma tête posée sur mes mains je l'observais avec curiosité. Les rayons du soleil avaient sécher ses vêtements et leur lumière se reflétait dans une petite amulette qui ornait son cou. Je vins doucement m'en emparer, baissant ma tête pour l'observer avec plus d'aisance. C'est à ce moment que le jeune homme bougea. Je me reculai avec précipitation. Le bon point c'est qu'il n'était pas mort et que je l'avais sauvé à temps. Maintenant comment allait-il me rendre la pareille ? De toute façon même s'il se montrait hostile, j'étais prête à disparaître aussi vite que j'étais apparue. Et si toute fois je n'étais pas assez rapide la magie serait un allié de poids.
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MessageSujet: Re: How to save a life ▬ Vanessa & Eléazar [FLASHBACK]   Lun 11 Fév - 15:22





« Mortal rescue »


Tu me déçois, fils. Son regard qui se détourne et s’enfonce un peu plus loin dans les ténèbres. Je veux crier, hurler, prier. Les éléments se déchaînent. Seul le bouillonnement de l’eau dans mes tympans me parvient, brouille tout. Je perds la vue. Mes poumons sont asphyxiés en un instant. La chute ne m’a pas laissé intact, une chance pourtant que je ne me sois pas fracassé le crâne contre les récifs ou du corail. J’assiste, impuissant, à la fugue inéluctable de ma conscience.

Des fragments épars de ma pensée s’amoncellent jusqu’à former des images que j’avais enfouies au plus profond de moi dans l’espoir qu’elles fussent oubliées. C’est ma boîte de Pandore. Je soulève le couvercle avec réticence. Mon père me fixe avec dureté. Tu me déçois. Il aurait voulu que je devienne comme lui, un adepte de la magie noire. Toute sorcellerie a un prix dit-on. Cela aurait peut-être pu me sauver de mon fâcheux destin. Mais qu’aurais-je dû payer en retour ? J’avais préféré garder mon humanité jusqu’à la fin…

Un maelström de peur, de douleur, de libération et de soulagement m’emporte je-ne-sais où. Au-delà. Là où il fait nuit en plein jour, qui sait ? Mon corps ne répond plus. Ma vitalité s’échappe de moi, je n’en peux plus. Mais dans ce noir inconsistant de Charybde et Scylla, une chevelure sombre vient caresser mon visage, une douceur inattendue me fauche et une attraction formidable vers la surface m’entraîne dans un sursaut d’espoir. Je perds connaissance rapidement.

Quand je rouvre les yeux, le soleil incendie mes pupilles. Je recrache la mer de mes poumons ardents. Je me sens perdu comme si on m’avait soumis à quelque mauvais traitement pendant une insupportable durée. Mes yeux éprouvent des difficultés à se fixer. Toutefois, je ne manque pas de remarquer une présence féminine à mes côtés. Elle se recule, méfiante. Je suis subjugué par la beauté de cette créature. M’a-t-elle sauvé ? La question ne devrait même pas se poser. Je reste coi. Pour rien au monde je ne voudrais l’effrayer, loin de moi cette idée. J’observe sa nageoire avec beaucoup de curiosité en attendant que ma langue veuille bien se délier. Mi-femme mi-poisson. Une sirène. L’évidence me frappe. Je me souviens avoir lu des contes et légendes sur le monde sous-marin. Je ne pensais pas rencontrer l’une de ses habitantes. Je me redresse sur mes coudes qui s’enlisent dans le sable humide avec la lenteur adéquate. Rien de brusque. Ne surtout pas faire fuir ma sauveuse. J'inspecte les dégâts avec appréhension. Mes jambes sont engourdies, mes bras ankylosés. Je serai paralysé encore un moment, mais rien d’irrémédiable je pense.

Nos yeux se croisent, le silence nous accable. Ma bouche enfin semble vouloir coopérer, j’émets quelques paroles d’une voix rauque, me rappelant les règles élémentaires de politesse lors d’une première rencontre aussi incongrue soit-elle : « Belial Elyas Azariah El-Jâfar. Enchanté. Vous pouvez m'appeler Jafar. » Je lui offre un sourire (à moitié grimaçant car je ne suis pas au top de ma forme). Je prends le temps de bien formuler mes mots. « Qui dois-je remercier ? » Plus qu’un nom, je demande une identité, des réponses, des indices, une personnalité. J’espère qu’on se comprend.

Je ne peux pas m’empêcher de la détailler franchement, trop heureux d’être en vie et de me trouver en si déconcertante bien que plaisante compagnie. Je vois son regard qui s’accroche au pendentif que je porte autour du cou. Je me surprends à saisir le médaillon dans une main, à l’embrasser délicatement puis à le lui tendre. « C’est pour vous. » Mais je me sens plus que redevable. Un vulgaire bijou ne suffira certainement jamais à racheter ma dette que je grave au fond de mon cœur avec mon propre sang et à l’aide d’une dague imaginaire qui perce le jour couchant.


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MessageSujet: Re: How to save a life ▬ Vanessa & Eléazar [FLASHBACK]   Lun 18 Fév - 18:05



« Les yeux sont la fenêtre de l'âme »
Georges Rodenbach

    L'homme se redressa doucement. Le bruit des vagues couvrait le silence. Je restai immobile, fixant ses moindres gestes. Il n'avait pas vraiment l'air en état de faire du mal à qui que ce soit mais sait on jamais. La fourberie réside en chaque être vivant.

    C'est désormais à la voix de l'homme de couvrir celle des vagues. Belial Elyas Azariah El-Jâfar ? Quel nom étrange pour un humain. Méfiante je l'étais, néanmoins cet homme m'intriguait. Je me rapprochai doucement de lui. Taisant d'abord mon nom je scrute son visage avec curiosité. Mes yeux se perdent un instant dans les siens. J'agite doucement ma nageoire sur lequel les rayons du soleil viennent briller. «Je m'appelle Ursula lançai-je d'une voix calme je fais partie du peuple d'Atlantica. » Je me suis enfuis pour découvrir le monde. Je ne suis pas qu'une sirène mais une sorcière en devenir. Avait-il besoin de le savoir ? Et lui qui était-il ? Un jeune étranger tombé d'une falaise, certes, mais qu'était-il venu chercher ici ? Son simple nom ne m'aidera pas à savoir qui il est réellement. Je continuais de le regarder avec autant de curiosité qu'il pouvait lui même me détailler. Son accoutrement était étrange, je n'avais jamais vu quelque chose de semblable. Son pendentif restait néanmoins la chose qui m'intriguais le plus. Visiblement il l'avait remarqué puisque qu'il me le donna. Je relevai les yeux vers lui. Impossible alors de dissimuler le sourire qui se dessina sur mes lèvres. Je lui prit alors des mains et l'enfila autour de mon cou. Cet homme, ou plutôt Jafar avait l'air sincère. Je remarquai une égratignure sur sa jambe. Ce n'était pas beau à voir. Mais si c'était la la seule punition que lui avait infligé la mort pour lui avoir échappé, elle était bien maigre. Encore engourdi la douleur ne devait pas être très vive pour lui. Je m'approchai de lui et vint placer ma main devant la blessure en question. Le trou dans son pantalon laissait entrevoir une tache rougeâtre. Je murmurai quelques mots incompréhensibles et dénués de sens pour quiconque. J'usais là de ma magie. Bien que l'occasion de l'exercer sur un humain ne me sois jamais arrivé, j'avais l'intense conviction que ça marcherait. D'ailleurs en quelques secondes la blessure disparue. Triton s'il m'avait vu m'aurait surement tué. Sauver un humain et user de la magie pour le soigner ? Double trahison. Personne ne devait connaitre l'existence des sirènes. Exposer ses pouvoirs s'avérait être un risque et je le savais. Néanmoins mon empathie et mon instinct m'indiquait que cet homme était sincère.

    Un bruit me fit soudain me retourner. J'aperçu au loin un bateau s'approcher. Il n'y avait pas de risques à prendre. Les voiles noires du navire m'indiquait qu'il s'agissait de pirates. Je lançai un regard à Jafar avant de déguerpir le plus vite possible. En quelques secondes j'avais disparu, engloutie par l'océan. Je nageai le plus vite possible loin de la plage. L'ombre du bateau me fit lever les yeux. Je n'avais jamais encore rencontré de pirates mais d'après ce qui se disait à Atlantica, ils étaient la pire catégorie d'humain qu'on pouvait trouver. Je savais qu'un jour ma magie serait telle que je ne craindrais plus ce genre d'individus mais pour l'instant la fuite semblait la meilleure option. Une fois loin de la côte je remontai à la surface. Lançant un regard vers l'endroit ou était allongé Jafar. Le bateau avait l'air d'un jouet à cette distance. Mes doigts glissèrent sur le pendentif. Qu'adviendrait-il de Jafar ? Devais-je y retourner ? Je ne savais pas. Lui n'avait qu'à m'appeler pour que je vienne mais le voudrait-il ? Une chose était sûre, nos chemins allaient se croiser de nouveau puisqu'il avait une dette envers moi.En attendant j'avais surtout envie d'en apprendre plus sur le monde des hommes. L'océan malgré son immensité peu s’avèrer tellement étouffant par moment.
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MessageSujet: Re: How to save a life ▬ Vanessa & Eléazar [FLASHBACK]   Dim 24 Fév - 1:15




« Rise of Evil »


C’est donc vrai. Elle vient du pays des Abysses. Atlantica. Ce nom m’est familier. La mélodie est atypique, connotée favorablement dans mon esprit. Je murmure ce mot dans ma tête. Un ouvrage sur les peuples & ethnies du monde m’a fasciné lors de mes fastidieuses études, j’en ai absorbé chaque page, chaque illustration tracée à la plume et à l’encre par les plus fameux aventuriers d’Orient. J’ai imaginé sans savoir à quel point cela pût être scandaleusement merveilleux. La sirène me scrute mystérieusement. Elle semble me redouter comme si j’étais un fléau, une peste. Je ne peux pas comprendre cette défiance à mon égard, pourtant je devine tout le mal que ma race a propagé. L’homme est un loup pour l’homme, c’est bien connu. J’aimerais la contredire sur ce point, la convaincre que je ne suis pas comme eux, mais il faut se rendre à l'évidence, une voix me souffle que je suis bien pire…

En tout cas, le médaillon a fait son effet, la voilà qui m’envoie un rayon souriant. Comme pour me remercier, mon Inconnue place sa main sur ma blessure. Ses gestes…ses psalmodies…NON. Impossible. De la magie. Je l’aurais certainement reconnue les yeux fermés. J’ai peine à y croire. J’en oublie de respirer. Les paroles de mon père resurgissent, me laissant sourd de son implacable prédiction : « On n’échappe jamais à son destin mon garçon. » Mes yeux se révulsent sur le coup de la surprise et de la terreur. Je ne veux pas. Je ne me soumettrai pas. Arrière ! La magie est démoniaque, elle n’est que pure tromperie. Elle fait plus de mal que de bien.

Elle est déjà partie. Ursula est retournée à l’océan, sa patrie. Pas un au revoir. Non, rien. J’ai une tristesse dans le cœur. Le regret de ne pas l’avoir remerciée comme il faut. Le regret de ne pas avoir visité son univers. Mon regard se perd dans l’écume des jours. Je me sens faiblir. Je me recouche sur le sable. La nuit est à nos portes. Et avec elle les périls. Je ne sais pas combien de temps le sommeil me happe. Quand je me réveille, je me trouve attaché par de solides liens qui m’écorchent les poignets. Du bois, l’humidité, le vent qui balaie tout sur son passage. Je tangue, j’ai mal au ventre. Un navire et une voile endeuillée. Des pirates. Un couteau sous la gorge. Je me débats sans succès. Qui je suis ? Je reste muet. A quoi bon ? Je n’ai aucune possession intéressante. Ils vont me tuer ou m’abandonner sur une île déserte voire me mettre en esclavage, encore la meilleure option. Ils en veulent à ma vie.

Cette fois, je ne la cèderai point. Une colère insensée s’empare de moi. Des convulsions traversent mon corps. Je formule mon incantation. Juste des mots. Mais parfois, les mots ont plus de poids que des actes. « نار » Feu. Le pouvoir m’embrase. J’ai mal. J’en paye le prix par la douleur. Une partie de mon âme est vendue à je-ne-sais quel Diable. La voile devient plus noire que noire, du simple carbone. Les truands se sauvent. Tout autour de moi le chaos. Les flammes dévorent tout. Elles sont noires, rien ne peut les arrêter, leur violence me galvanise. J’éprouve un puissant plaisir de destruction. Pourquoi la magie donne-t-elle des ailes aux mortels ? Pourquoi s’en priver avec une telle pudeur ? Quelque chose se brise : mes principes tombent à l’eau. Je jubile.

Me voilà seul avec la Mort pour amie. Je lui ai échappée et elle est devenue mon alliée. La carcasse du vaisseau émerge encore à la surface, je me tiens à la poupe décharnée comme un dieu guerrier. Le feu s’apaise peu à peu, grignotant l’épave qui sombre dans les hivers sous-marins. Je jette un regard fou au loin. Je ferais la fierté de mon père. Il n’est pas là hélas. Et moi non plus, j’ai oublié qui je suis…Cette nuit est la mienne, c’est tout ce que je sais. « N’ayez crainte, Ursula. Je ne suis pas votre ennemi. Je sais que vous êtes là, quelque part… » Je murmure aux ténèbres et les prie de me répondre. Un chant, un signe, n’importe quoi. Je veux vous revoir. Vous savez aussi bien que moi que nos destins ont un avenir commun. « Je vous attends… »


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MessageSujet: Re: How to save a life ▬ Vanessa & Eléazar [FLASHBACK]   Mer 27 Fév - 16:34




    Je regardais la côte sans pouvoir m'en éloigner d'avantage. Je n'arrivais pas à voir ce qu'il se passait la bas. J'aurais dû être loin. L'océan me criait de fuir mais ma curiosité me disait de rester. Têtue, jeune, voilà ce que j'étais. Certains auraient dit naïve, imprudente et inconsciente mais je n'écoutais que mon instinct. J'avais donc décidé de me rapprocher du bateau en question. J'avais vu les pirates capturer Jafar. Ces êtres étaient vraiment lâches. Profiter du sommeil d'un homme pour l'attraper. Lâche je l'étais également puisque j'avais laissé Jafar sur cette plage. Néanmoins j'avais l'intime conviction qu'il s'en sortirait indemne.

    Cela faisait désormais un petit moment que je nageais derrière le navire de ces barbares. Aucun homme n'était passé par dessus bord alors je continuais ma poursuite. La nuit tombait doucement, l'océan était étonnement calme. La lune se refléterait bientôt sur les vagues. Je regardai le bateau sans comprendre. Il semblait avoir prit feu. Que se passait-il sur ce navire ? Comment avait-il pu prendre feu ? Les flammes tel que je pouvais les voir semblaient noires comme les ténèbres. S'agissait-il de magie ? Je prenais la fuite. La panique m’indiquait de partir loin d'ici. Les pirates quittaient le navire un à un. Je zigzagais entre leur corps, les laissant à leur triste sort. Si j'avais sauvé Jafar je n'étais pas une sainte pour autant. J'observais le carnage de loin. Ce feu semblait tout droit sorti de l'enfer. Je regardais le bateau sombré, m’inquiétant de ce qui avait pu advenir de Jafar. Lorsque l’océan eut bientôt complètement englouti l'épave, je décidai de m'éloigner. Cette scène irréelle avait quand même laissé ma curiosité à vif. Je décidai de retourner au fond de l'eau. Là ou tout était sombre, la ou aucun humain ne viendrait jamais. Un écho me stoppa dans ma course. Quelqu'un m'appelait. Je remontai doucement à la surface et reconnu la voix de Jafar. La mort l'avait visiblement épargné une nouvelle fois.

    Je rejoignais celui qui m'appelait sans attendre. Quelques bouts de bois flottaient encore à la surface. Je repérai le corps de Jafar. Je ne remonta pas immédiatement. Est-ce que Jafar était responsable de cet incendie ? Si c'était le cas alors l'homme était aussi sorcier. Après avoir constaté que nous étions bien seuls, je remontai à la surface. Je levai les yeux vers lui. Je le détaillai comme s'il m'était inconnu. Je ne prit même pas la peine de lui demander comment il allait, quelque chose d'autre m’intéressait. « Ce feu, c'est vous qui avez fait ça ? Vous êtes un sorcier n'est-ce pas ? Pourtant j'ai bien vu votre regard quand je vous ai soigné.. » Maintenant qu'on était au milieu de nulle part peut-être que nous pourrions faire plus ample connaissance. Bien sûr que je ne comptais pas laisser ma nouvelle rencontre dépérir ici. Je voulais juste en savoir plus sur lui. S'il était un sorcier, peut-être avait-il beaucoup à m'apprendre. Triton ne m'avait jamais rien enseigné et jusqu'à présent j'avais dû me débrouiller seule avec mes pouvoirs. Je voyais en Jafar une fenêtre sur le monde. Peut-être pourrait-il me fait découvrir son univers et moi le mien.

    En attendant il fallait déguerpir d'ici. L'océan la nuit n'était pas des plus sûr. Certains monstres inconnus du grand public y rodaient souvent. La côte semblait avoir disparue. Et à moins d'un miracle je doutais que Jafar puisse nager aussi longtemps. Il allait pourtant devoir lâcher la poupe de ce navire. J'aurais pu utiliser la magie mais vu la réticence du jeune homme à son égard j'avais quelques doutes quand à son opinion là dessus. Je le dévisageai en espérant qu'il m'en apprenne plus sur lui.
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MessageSujet: Re: How to save a life ▬ Vanessa & Eléazar [FLASHBACK]   Jeu 28 Fév - 10:22





« Deep blue sea »


I have no heart.
I know nothing of joy, sorrow, anger...
And yet, I am afraid that I should die.

Je sonde les eaux noires habitées de cadavres aux yeux vitreux. Hécatombe. Qu’as-tu fait Jafar ? Je reconnais cette déplaisante sensation du péché. Je l’ai déjà connue auparavant. Je ne suis pas un meurtrier, j’ai tué ma nourrice. J’ai beau me répéter que ce n’était là qu’un accident, mais je l’ai privée de sa vie. J’ai capturé une âme innocente sous la contrainte d’un père autoritaire qui a planifié mon existence de la naissance au décès. Je n’avais que treize ans. Déjà du sang sur mes mains. Rien n’efface le passé, il est ancré dans les sillons de vos chairs, dans la brûlure de vos regards, dans la paume de vos mains calcinées et rouges du crime. Damné. Souillé. A qui la faute ?

Je me noie dans mon désespoir, mais un mouvement dans l’onde triste rompt mon mutisme. Je me redresse comme un cobra. Fausse alerte. Ce n’est pas elle. J’ignore de quoi est fait le monde d’en bas, j’aimerais visiter ces contrées où je ne suis certainement pas le bienvenu, moi le bipède, l’humain, le monstre. Ce peuple qui n’était il y a à peine quelques heures qu’un simple conte pour enfants est devenu une réalité tangible. Je prie intérieurement pour que reparaisse ma sauveuse. Il semble que le ciel m’écoute pour une fois. Le secret de ses pupilles me fixe une nouvelle fois. Son intérêt pour la magie me dérange, j’essaye de ne pas en tenir compte cependant et lui répond sur le même ton :

« Je suis responsable de ce carnage, c’est monstrueux n’est-ce pas ? Tout à l’heure, vous m’avez pris au dépourvu. Je répugne à l’utiliser…La magie a détruit et mon père et ma vie. Je pensais que j’avais finalement réussi à échapper à son pouvoir, apparemment je me trompais… »

Je suis profondément las. Je la vois dans ses yeux cette curiosité malsaine qui la dévore intérieurement. Comment pourrais-je la blâmer ? N’ai-je pas éprouvé un moment dans ma jeunesse cette douce euphorie, ce sentiment de supériorité ? Il est étrange de ce confier à une parfaite inconnue. Mais je me sens soulagé de me confesser à quelqu’un. Les monstres n’ont pas d’amis.

« Nous sommes des semblables visiblement même si nous venons de mondes incompatibles. Venez avec moi, Ursula. Quelque chose me dit que nous avons encore beaucoup à apprendre l’un de l’autre. »

Je lui lance un sourire, prémisse d’avenirs glorieux et de conquêtes. Ma main se tend pour sceller nos destins. Il me reste une dette à payer, je lui dois bien ça.


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