Forum RPG sur la série Once Upon A Time
 
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 « Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.» ♦ Eléazar & Aigéan

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MessageSujet: « Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.» ♦ Eléazar & Aigéan   Ven 5 Avr - 19:45

« Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.»

Tous les matins je me réveillais le cœur battant. « C’est un nouveau jour. » Ma vie morne et un peu ennuyeuse – moins depuis que Nolan était devenu mon ami – avait totalement changé. Je me réveillais sans savoir ce qui allait se passer de mes journées, sans savoir si nous allions nous revoir ou pas. Cette tumultueuse relation était le remède à tous mes problèmes. Avec lui, rien d’autre que nous n’existait. Il n’y avait pas de doute, pas de peur, pas d’interrogation, pas de projet, pas de lendemain, pas cette impression d’être étrange et différente, simplement nos deux êtres consumés par une passion dévorante.

Nos entrevues étaient tout de même légèrement réfléchies. Nous ne pouvions pas nous voir n’importe où et n’importe quand, mais parfois, lorsque nous étions imprudents, le plaisir n’en était que plus puissant. C’est comme ça qu’un jour, alors que je rentrais d’une journée épuisante de cours, je l’avais trouvé assis sur mon lit, la fenêtre ouverte. Tétanisée à l’idée que mon père pût nous entendre ou même pire, le voir lui, j’avais tenté de le repousser… En vain. Il s’était quasiment jeté sur moi et m’avait totalement dévêtue en un temps record suite à quoi nous avions fait l’amour passionnément en nous contrôlant au mieux pour ne pas nous faire remarquer. Ça avait été extra et il était reparti sans se faire prendre, comme il était venu, me laissant les joues roses d’excitation et le cœur battant. Un autre jour encore, alors qu’il était en train de s’occuper d’une cliente, il avait dû aller chercher un bocal dans son arrière-boutique. Il m’avait découverte l’attendant très légèrement vêtue sur le canapé. La vente n’avait pût se terminer mais il n’avait pas eu l’air de s’en plaindre.

Malheureusement, certaines de mes sœurs avaient trouvé mon changement soudain de comportement – passer du temps dans la salle de bain, me parfumer, faire attention aux affaires que je portais – très suspect. Surtout Katelyn en réalité. Elles avaient cherché à s’informer et avait fini par comprendre que Nolan était totalement étranger à tout ça. Je devais être sur mes gardes car elles ne me laissaient aucun répit et je les savais bonnes enquêtrices. Si mes sœurs venaient à découvrir que j’entretenais une relation peu catholique avec un homme bien plus âgé que moi – et à la mauvaise réputation de surcroit –, elles n’allaient pas manquer d’en informer mon père qui pouvait être capable du pire en de sombres circonstances. Le plus sage aurait tout simplement été de mettre fin à cette relation sans nom mais j’en étais tout bonnement incapable. Incapable de ne plus lui lancer des regards lorsque nous nous croisions, incapable d’oublier son odeur qui restait accrochée à mes cheveux, incapable de ne plus sourire en songeant ne serait-ce qu’une seconde à lui, incapable de ne pas frissonner lorsqu’il passait à quelques centimètres de moi en masquant à la vue de tous à quel point nous nous connaissions. Incapable de me passer de lui. Pourtant, nous devions faire quelque chose avant qu’un scandale n’éclate. Pour notre bien à tous les deux.

La pluie qui avait englouti la ville quelques jours auparavant n’avait rien arrangé. Toute la ville était sous tension, on racontait des choses invraisemblables sur tout le monde et la mode était à deviner qui était en réalité son voisin. Ce jeu débile – pas tant que ça finalement, toutes ces images qui m’étaient venues depuis avaient fini par me convaincre qu’Henry ne racontait pas forcément que des âneries – poussait les âmes en plein questionnement à espionner quiconque était sur son chemin. Nous étions plus en danger que jamais et nous allions devoir monter un plan pour éviter la casse. Rompre ou arrêter de nous voir étant tout bonnement impensable – je ne pouvais et ne voulais pas – nous n’avions d’autre choix que de discuter de choses fâcheuses pour trouver une solution.

J’avais remarqué que Gold s’était absenté, c’était l’occasion rêvée. Personne n’allait soupçonner mon entrée dans la boutique d’antiquités de monsieur Gold alors, qu’au contraire, mon entrée dans celle de l’apothicaire aurait été suspecte. Eléazar se chargeant toujours de surveiller la boutique en l’absence du chef, je tenais là l’occasion de le voir à la vue de tous sans éveiller le moindre soupçon.

La clochette de la porte tinta et je pénétrai dans la boutique, l’air un peu rêveur comme toujours. Je me mis à vagabonder nonchalamment dans les allées tout en vérifiant discrètement qu’il n’y avait personne dans la pièce ni même dans la rue. Personne en vue, c’était le moment. A pas mesurés – j’étais pourtant plus déterminée que jamais – je m’approchai du point de vente et me sentis rougir lorsque mes yeux rencontrèrent les siens. Une multitude d’images des dernières nuits passées ensemble défila sous mes yeux, me faisant sourire sans que je ne m’en rendisse compte. Je devais afficher là la mine d’une fille qui attend une attention particulière de son amant : ce n’était pas le cas. Nous devions parler. Réellement. « Hm, salut je… » Bredouillai-je, le regard fuyant. Oh oui, à voir son allure, il ne devait certainement pas s’attendre à ça. Rah je détestais cette situation ! « Il-faut-qu’on-parle. » Lâchai-je d’une traite lorsqu’il fit un mouvement en ma direction.



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MessageSujet: Re: « Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.» ♦ Eléazar & Aigéan   Sam 6 Avr - 23:05




Like crazy

Qui est cet homme qui me renvoie un sourire non plus sarcastique, mais bienheureux, un sourire authentique, un sourire qui met en valeur le reste du visage dont les traits, habituellement sinistres, vous ébaudissent à présent d’une douce chaleur ? Pourquoi me regarde-t-il, on se connaît ? L’eau ne suffit pas à effacer cette peau neuve, cette créature étrangement drôle, étrangement…aimable. Du jamais vu. La transformation me laisse interdit devant ce tableau cocasse. Je hausse les sourcils, éberlué. Lui, c’est moi ? Une remarque de ma chère Céleste trouble le rivage de mes pensées. Elle a remarqué l’imperceptible changement de ma personne alors que je ne m’en étais pas rendu compte moi-même. J’ai oublié qui j’étais. Un monstre. C’est marqué sur ton âme vile pourtant, gravé, chauffé à blanc autour de tes poignets. Tu sais parfaitement que tu ne deviendras pas un autre en un claquement de doigts. Ta vraie nature, tu ne peux pas t’en passer. Jafar est ce démon qui veut asservir son prochain. Jafar ne sait pas aimer, il ne le peut pas.

Cette pluie m’a redonné un arrière-goût de l’enfer que j’ai vécu il y a si longtemps. NON. Assez, assez, plus jamais, plus jamais. Je ne sens pas la douleur qui écorche le poing qui s’est fiché dans le miroir. Le verre brisé ne me blesse pas réellement. J’ai bien trop de tourments, alors un peu plus ou un peu moins…J’examine la main ensanglantée en ressentant un immense vide. Je reste là un temps interminable. Je tombe dans une ardente apathie. Mes yeux fixent l’Ailleurs, là où Elle se trouve, mon Adorée.

Ses lèvres font le contour de mon rire, ses mains se perdent un peu plus dans la nuit, ses yeux de lune sont empreints de l’innocence enfantine et de l’excès concupiscent. J’ai goûté chaque parcelle de sa peau, je me suis étouffé, je suis mort-né en elle. Une aube nouvelle. Sans fin nous avons dérobé le désir de l’autre. Sans fin nous nous sommes retrouvés, attachés, emmêlés. Parfois c’est elle, parfois c’est moi. A chaque fois, il faut nous quitter. L’absence nous consume bien plus que toute l’ardeur de nos retrouvailles. « Reste encore…cette nuit, cette nuit seulement… » murmurent nos cœurs endormis. Sans plus attendre, mes bras se referment sur son corps, j’embrasse sa nuque jusqu’à ce que son souffle s’assoupisse enfin.

Notre aventure prend des proportions inimaginables. Si j’avais su de quelles folies nous serions capables…pas un pour rattraper l’autre décidément. Je m’emporte et c’est un sentiment profondément exaltant. Je me suis même introduit dans sa demeure comme un voleur, empruntant quelques minutes à l’éternité, escroquant la Roue de Fortune. J’ai étreint sa surprise qui s’est vite muée en désir incontrôlable. J’ai mis le feu à notre idylle. Elle me l’a bien rendu quelques temps plus tard alors que j’étais en pleine transaction. Elle était à moitié nue sur le canapé de l’arrière-boutique. (Iago se couvrait les yeux d’une aile pudique d’ailleurs, je l’en remerciai intérieurement) En revenant vers le client, une chaleur insupportable me prit à la gorge. Je lui dis clairement de foutre le camp. Et la suite ne fut qu’un long délassement à ses côtés. J’aurais voulu être n’importe où hors du monde, avec elle.

Mais notre indéfinissable liaison est un délit. Un délicieux délit que nous savourons à deux. Nous avons pensé à mettre un terme à nos rapports illicites. Cependant, il arrive qu’on se croise par hasard dans la rue et c’est foutu. On ne peut plus se mentir. Les yeux parlent pour nous, nos mains qui s’effleurent aussi, le rouge tendre qui monte aux joues, la tiédeur diffuse de sensations bien vivaces. La chair se souvient de tout : la fièvre, l’excitation, le désœuvrement total, le laisser-aller.

Il me faut revenir à moi. Cette fois je grimace légèrement en sentant la piqûre qui frappe ma main meurtrie. Je ne vais pas faire une syncope, mais je dois m’activer un peu. Je panse, nettoie, bande précautionneusement. Cela fera l’affaire. Je me rends à la boutique, mais une impression pénible me harcèle. Lorsque Gold me demande de prendre la relève, je l’entends à peine. Je suis dans une troisième dimension. J’ai mal, mais je me demande si cela vient des entailles de ma main gauche ou d’un sentiment indicible. Je me poste au comptoir mollement. La sonnette me tire de mes rêveries soucieuses. J’entends les pas, je relève la tête. C’est elle. Aussitôt, je sais qu’il y a un hic. Ma terreur se confirme quand elle s’adresse à moi en ces termes : « Il-faut-qu’on-parle.» C'est l'heure fatidique. J’ai envie de faire le béotien qui ne sait pas de quoi elle parle au juste. Impossible. Je ne peux guère nier l’évidence…mais avant ça, j’ai besoin de savoir. « Dis-moi…la pluie t’a-t-elle affectée ? » A-t-elle retrouvé la mémoire ? J’y pense constamment. Ni en bien ni en mal. Je suis simplement mort de trouille.


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MessageSujet: Re: « Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.» ♦ Eléazar & Aigéan   Dim 7 Avr - 20:08

La discussion qui se profilait ne me plaisait pas vraiment parce qu’elle était trop sérieuse. Ça n’allait pas de paire avec ce que nous étions – bien que nous n’étions pas alors réellement définissables – mais malheureusement, cette discussion désagréable était nécessaire. Si nous ne prenions pas rapidement les rênes de notre relation – histoire serait plus juste, les choses, même si nous ne voulions pas le voir, évoluaient – tout partirait en fumée en créant un maximum de douleur des deux côtés. La simple idée de voir ce doux rêve anéanti m’arrachait une grimace.

Le chemin vers la boutique de Gold – où le proprio était absent, j’avais pris grand soin de le vérifier – fut très rapide. Je savais que si je trainais trop, ma détermination risquait de me quitter et ça, il ne le fallait pas, car alors quand exactement aurions-nous eu cette conversation des plus importantes ? Le soleil brillait au dehors et j’étais bien contente d’avoir enfin mis au placard mes vêtements d’hiver. Une petite gabardine sur le dos et des lunettes de soleil sur le nez, j’appréciais la chaleur de l’astre du jour sur ma tête. Ma chevelure rayonnait et je ne pu m’empêcher de repenser à toutes ces images qui me harcelaient depuis la pluie qui s’était abattue sur Storybrooke quelques jours auparavant. Ces cheveux presque rouges, dansant autour de ma tête, balancés au rythme de l’eau. Eléazar avait tout vu venir depuis longtemps, les sirènes, tout ça… C’était une évidence. Et lui alors ?

Mon entrée dans la boutique fut annoncée par la cloche de la porte. Du mouvement au point de vente m’indiqua qu’il était là, mais je préférais ne pas poser les yeux sur lui tout de suite. Sur le qui-vive intérieurement, mais tout à fait nonchalante en apparence, je vérifiais qu’il n’y avait personne dans la boutique ni même dans la rue alentour. Ma présence ici n’avait plus rien d’inhabituel, mais il valait mieux s’assurer qu’il n’y avait ni yeux qui trainent, ni oreilles fouineuses. Je frottai de mes doigts l’arête de mon nez marquée par mes lunettes de soleil.

Finalement, assurée que nous étions bel et bien seuls, je me lançai, effaçant en même temps ce beau sourire qu’il affichait. Son regard se planta dans le mien, froid ou terrorisé, je ne sais plus vraiment. Un silence de quelques secondes à peine – mais qui me parut être une éternité – plana avant qu’il ne lâche enfin. « Dis-moi…la pluie t’a-t-elle affectée ? » « Heu. » Est la seule chose qui sortit spontanément. En réalité, je n’avais même pas songé qu’il pût s’intéresser au sujet, et pourtant… Et pourtant j’aurais dû comprendre plus tôt que ce serait le cas. Evidemment. Tous ceux qui avaient eu des « flash » étranges et qui se posaient des questions avaient totalement remis en question leur vie à Storybrooke, y compris les histoires qu’ils y vivaient… Pourquoi Eléazar aurait-il pu faire abstraction de ce que moi j’avais vu durant la pluie ?

Je plongeai mon regard dans le sien et essayait par ce simple lien de lui transmettre qu’il n’avait pas à s’en faire, que je n’avais en aucun cas vu un autre qui m’attendait quelque part. Pourtant, j’en avais vu des choses. L’océan était apparemment un endroit que je connaissais très bien, l’eau était vraisemblablement mon véritable et seul élément familier, Katelyn avait, pendant un temps, été une réelle confidente, une amie plus qu’une soeur. Je poussai un soupir. La migraine reprenait. « Eh bien… Je suis désormais sûre et certaine que je suis bel et bien une sirène et... » Prononcer ces mots me semblait totalement farfelu, pourtant c’était vrai. Chez moi, deux autres de mes sœurs avaient eu les mêmes souvenirs. Quant à mon père… Personne n’osait réellement lui parler, mais il avait l’air très tourmenté. «… Et je sais que la maire Octopus m’en voulait déjà beaucoup ‘avant’. Je crois que j’ai passé un pacte avec elle, mais je ne sais pas pourquoi. » De toutes les images qui m’étaient venues depuis, aucune ne semblait m’apporter cette réponse. Le tout n’avait été que des petits souvenirs insignifiants qui ne m’apportaient pas de réponse, juste quelques petites informations sur une vie ancienne oubliée. En fait, depuis la pluie, ces images étaient plus rares, plus floues, comme si le principal de ma vie passée me restait caché. « Mais ce n’est pas de ça que je veux te parler. » Dis-je en secouant la tête pour repousser une mèche rousse. « C’est de nous. » Dis-je sur un ton grave. « Les récents évènements nous poussent à ralentir la cadence à… » Mes yeux se firent fuyants. J’avais terriblement peur de sa réaction. « Il faut qu’on se voit moins souvent. » Je me mordis la lèvre et relevai la tête tout en cherchant à agripper sa main. « Je ne dis pas que je veux qu’on arrête, parce que non, je ne veux vraiment, vraiment, vraiment pas que ça s’arrête mais… Tu t’es blessé ? » Ajoutai-je brusquement en frôlant un tissu et non sa peau sur sa main gauche.



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MessageSujet: Re: « Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.» ♦ Eléazar & Aigéan   Sam 20 Avr - 21:46




L'éducation sentimentale

C’est un simple regard équivoque que je récolte. Pas celui auquel je m’attends évidemment. J’y lis tout ce que je ne devrais pas lire. J’interprète mal. Ça me terrorise. Ça me tyrannise. Attentat sur commande. Un grand boum cardiaque. L’explosion de la raison. J’ai des difficultés à respirer convenablement. Oh l’angoisse. Crise de spasmophilie. Tétanie. Je préfèrerais ne pas entendre. Mieux vaudrait que je perde connaissance. Parce que je le sais depuis le début, je savais.

°•..•°¯°•..•°¯°• •°¯°•..•°¯°•..•°
Le soir-là, dîner au manoir, tout ce qu’il y a de plus formel. Je l’avais accueillie comme une « parfaite » (je me dois d’insister sur ce qualificatif hors du commun) inconnue. Je dus me faire violence pour ne pas abuser de contacts avec la demoiselle. Même un frôlement m’aurait fait craquer de manière irréversible. Toute cette cérémonie avait eu pour but de nous connaître mieux. Parler de nous-mêmes n’est pas notre fort, pourtant (le vin aidant sans doute un peu), nous avions engagé une longue discussion qui s’est poursuivie dans le salon, son corps reposant contre le mien avec un naturel stupéfiant, nos paroles se mêlant agréablement. Pas ce soir, pas de laisser-aller des pulsions physiques. Juste elle et moi en gens civilisés qui conversent et refont le monde. Dans cette atmosphère légère, une intuition subite m’a happé. « Cela ne dure pas ». Point final. Je devais l’accepter. Et maintenant ?

°•..•°¯°•..•°¯°• •°¯°•..•°¯°•..•°
J’écoute les mots qui se perdent dans un brouillon d’incertitude de ma part. Elle a paralysé mon système nerveux, plus aucune immunité face à la vérité meurtrière. La petite sirène aux yeux de lune me fixe avec la plus grande sagacité. Elle a donc recouvré une partie de sa mémoire comme la résurgence de mes pouvoirs. Quand bien même suis-je un puissant génie, côté cœur, ça ne va pas fort.

« C’est de nous. » Que...quoi ? Éluder la question ne sert à rien. Elle veut parler de...de cet indescriptible indéchiffrable inexplicable incompréhensible « nous ». Je frémis rien qu'à l'idée. « Il faut qu’on se voit moins souvent. » La sentence est tombée. Je chancèle. Et sa main qui vient chercher la mienne réveille un douloureux souvenir. Son inquiétude a le don de m'exaspérer. Après de telles paroles mortifères, comment peut-on encore se soucier de ma personne ? Ma mâchoire se crispe contre ma volonté. Ce blabla m’écœure. Mes yeux fuient les tiens. Que dire sinon que le reflet de jadis m'a dégoûté. Que dire sinon que j'ai aperçu au fond de mes pupilles l'aveugle naïveté qui croit peut-être que la Fatalité c'est pour les autres.

J'ai souhaité détruire le faux. Plus qu'une glace, j'ai eu le désir d'en finir avec cette ségrégation mentale où le bonheur ne me sied pas et où j'aime éperdument. Je peux seulement prétendre : « Un accident…comme toi et moi. Une pulsion délétère. » Du mépris ? Du dépit ? Un savant mélange des deux. Je m'arracherais bien mon cœur de cendre. Qu'on me prive d'aimer. Elle ne veut pas arrêter, mais alors, que signifie cette putain de scène ?

Y'en a marre de l'apitoiement à rallonge. Brisons le mur des lamentations. Il faut aller droit au but. Je me déplace avec une immense détermination. Je sais ce que je veux, moi...Je quitte le comptoir, le domaine de l'homme public pour entrer dans la sphère intime. Je déplace sa chevelure rousse et me penche contre son oreille, laissant traîner une voix brûlante.

« Et…si je refuse ? »

J'embrasse son cou délicatement et continue de la harceler...gentiment. Est-elle comme les autres ? Hello j'me suis bien amusée, maintenant bye bye ? Tu crois vraiment que je vais laisser tomber ?

« De quoi as-tu peur, Aigéan ? Qu’on nous découvre ? La honte qui surgira au grand jour ? Le rouge du péché ? Allons… »


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Dernière édition par Eléazar Mordred le Dim 28 Avr - 21:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.» ♦ Eléazar & Aigéan   Dim 21 Avr - 14:54

Je me sentais terriblement maladroite, terriblement mal-à-l’aise et terriblement cruelle. Mon sinistre ton avait le goût amer de la rupture, c’est pourtant tout l’inverse que je désirais. L’envie de lui sauter au cou et d’oublier tout ce qui nous entourait était violente, mais je restai les pieds joints, les jambes terriblement raides, le regard confus et fuyant. Je n’étais pas du tout à l’aise avec ce genre de chose. Eléazar était en réalité ma première relation homme/femme qui dépassait largement le stade de la bonne entente amicale. Tout m’était étranger – enfin, plus réellement « tout » car nous en avions déjà vécu tant de choses ! – et l’art de la rhétorique en pareilles circonstances, je ne le maitrisais malheureusement pas. Peut-être avec d’autres mots, un autre ton, les choses seraient mieux passées, auraient été mieux appréhendées et perçues ? J’avais terriblement peur de sa réaction quand je prenais conscience de quelle aurait été la mienne si les rôles avaient été inversés.

A sa place, je me serai rendu compte à quel point j’étais éprise de lui, à sa place j’aurais de suite pensé qu’il s’agissait là d’une façon lâche et déguisée de rompre le contact « voyons-nous moins » signifiant en réalité « ne nous voyons plus. ». Oui, mais voilà, Eléazar n’était pas moi. Il n’était pas une femme, il n’avait pas vingt-et-un ans et il n’avait certainement pas la même vision que moi. Le tout était d’attendre patiemment ce qu’il en pensait. Mon estomac était noué et je fus bien heureuse de trouver en sa blessure un moyen de détourner notre attention de ce pic de sérieux. Mon dieu comme j’avais tort. Ses yeux me renvoyant habituellement un regard de profond désir ou de tendresse s’étaient totalement transformés. Quelque chose n’allait pas. Mes propos avaient été mal interprétés. Ou alors… ? Je n’avais envie que d’une chose : baisser les yeux, mais une force invisible m’en empêchait, me forçant à scruter ce visage froid et distant. «Un accident…comme toi et moi. Une pulsion délétère. » Ma gorge se noua, mes joues se mirent à rougir, mais pas comme lorsque je suis embarrassée ou follement désireuse de quelques choses : c’était là le rougissement de la déception inattendue, de la claque reçue en pleine figure sans que celle-ci ait annoncé son arrivée. « Un accident… Wah. » Soufflai-je simplement en détournant la tête, mordant ma lèvre pour ne pas me laisser aller aux larmes. Comment pouvait-il nous qualifier d’accident ? Quand les choses se passent une seule fois oui, mais quand c’est répété ? La tristesse fit rapidement place à la colère, la colère d’avoir, semble-t-il, été l’objet d’un homme aux mauvaises intentions, la colère de s’être laissée berner par cette même personne, la colère de ne pas avoir réalisé plus tôt que toute cette histoire faisait mal. Je reculai d’un pas, puis de deux, évitant tant bien que mal de le regarder. Finalement, cette discussion n’avait plus lieu d’être, je n’avais plus qu’à m’en retourner chez moi et revivre dans la solitude, comme avant.

Toutefois, avant que je n’aie eu le temps de bouger, il se retrouva posté devant moi, me surplombant bien largement. J’étais prise au piège entre lui et le comptoir : aucune échappatoire. Mes cheveux se mirent à glisser le long de mon épaule et je sentis son souffle chaud frôler ma nuque. Mes yeux se fermèrent. A quoi était-il en train de jouer ? « Et…si je refuse ? » Sans me laisser le temps de répondre, ses lèvres se posèrent délicatement dans mon cou. Les bras totalement raides le long de mon corps, je ne savais ni quoi faire, ni quoi dire. Comment étions-nous passés de l’accident à ça ? Ses baisers se firent plus prononcés, ses mains plus baladeuses, et mon cœur battait à tout rompre. Instinctivement, mes lèvres s’entrouvrirent. Je n’avais envie que d’une chose : qu’il les embrasse avec fougue comme il savait si bien le faire. Mais une autre partie de moi, celle toujours choquée par ses propos, avait tout simplement envie de l’envoyer balader. Son corps pressé contre le mien n’arrangeait rien. Sans m’en rendre compte, ma tête se pencha légèrement pour lui laisser tout loisir de s’évader dans ma nuque, mais lorsque sa main agrippa ma hanche, mes yeux s’ouvrirent subitement me ramenant à la réalité. Non, c’était trop. Ma main se posa sur la sienne et d’un simple regard je le dissuadai de continuer. La pression était bien plus forte que nécessaire mais je n’en avais que faire. Malgré cela, il ne chercha pas à s’éloigner. « De quoi as-tu peur, Aigéan ? Qu’on nous découvre ? La honte qui surgira au grand jour ? Le rouge du péché ? Allons… » Il allait de nouveau repartir à la charge, mais je le poussai de côté et repris mon souffle.

« Mais à quoi tu joues au juste ?! » Je saisis mes cheveux nerveusement et les ondulai sur le côté avant de les laisser tomber sur mon épaule. « Nous sommes un accident et la minute suivante tu te colles à moi ?! » C’est bien de la colère qu’on pouvait déceler dans ma voix. Une amère colère, mais ses dernières paroles n’avaient aucun rapport avec son histoire d’accident. Je ne comprenais plus rien. Ah la merveilleuse idée que j’avais eue là en voulant discuter « sérieusement ». Mon regard se tourna vers la porte de la boutique. Il ne semblait y avoir personne dans les rues, mais j’avais terriblement peur que quelqu’un entre et nous surprenne. Cette peur me ramena à la question d’Eléazar. Je mis quelques instants à trouver les bons mots, sans le regarder. Finalement je reposais mes yeux sur lui, sans une once de douceur. « Pourquoi songes-tu au mot honte au juste ? Parce que c’est l’impression que tu as de nous ? » Evidemment que ses paroles étaient déformées mais j’étais en colère, et blessée. La main posée sur le comptoir, je baissai la tête. « C’est n’est pas pour moi que j’ai peur. C’est pour toi. Tu ne peux même pas imaginer ce qui pourrait arriver si mon père découvrait tout, surtout après… » Après les découvertes que nous étions tous en train de faire. Qui sait ce que mon père avait pu être dans une autre vie, lui qui était déjà si intolérant et impulsif.

Un long silence s’installa durant lequel je me mis de nouveau à chercher mes mots sans même savoir ce que je voulais lui dire exactement. Nous semblions être dans une impasse. « Pour que ça ne s’arrête pas, nous n’avons pas d’autre choix que de se voir moins souvent, car si on nous découvre, on nous forcera à rester éloignés. » Il me restait désormais la partie la plus difficile, celle qui consistait à lui faire prendre conscience que tout cela se passait bien malgré moi. Je le saisis par le bras, délicatement, et le ramenai à sa position de départ. « Est-ce que ça te… Va ? » Quelle question. Evidemment que ça ne lui convenait pas, pas plus qu’à moi. Mes deux mains passèrent sous ses bras et se posèrent sur ses omoplates. A ce moment-là un baiser aurait été intelligent, mais je me contentai de poser ma tête sur son torse, de fermer les yeux et de profiter de cette étreinte qui, finalement, était un geste plutôt rare entre nous deux.



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MessageSujet: Re: « Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.» ♦ Eléazar & Aigéan   Mar 23 Avr - 21:33




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Mais où va-t-on, où va-t-on ? Dis-le, dis-le moi. Seuls au milieu de ces antiquités. C’est désespérément que je m’agrippe à toi, t’enlace comme si demain n’existait pas. Et toi tu es loin, furibonde. J’ai la rage au corps. Je crois dominer la situation, mais c’est toi qui mènes depuis le début. On joue, tous les deux, on joue bêtement, tendrement, diablement. Les mots iront mourir sur tes lèvres. Tu m’entraînes dans cette valse lente et noire. Plus que je ne saurais le supporter. Mais moi je te blesse, j’écorche le peu qu’il nous reste de notre amourette en lambeaux calcinés. Je te tiens un peu trop fort. Tu m’arrêtes. Ta colère me liquéfie sur place.

Pourquoi arrêter ? Pourquoi la trêve sur le no man’s land ? Pourquoi prudemment agir dans l’ombre ? Je sens ta peur qui rugit hors de toi et vient me percuter. Je trébuche sur l’acidité de tes paroles. Je frappe de mon poing déjà meurtri le verre du comptoir, faisant trembler le meuble. Je frappe comme pour taire l’amour-propre. Je frappe mes maux et l’Autre qui s’enflamme. Mon ancien moi fait son grand retour et il est ultra violent. Ce félon veut ma perte. L’amour n’est que faiblesse. Une sombre fureur passe dans mes pupilles écarlates.

Cette scène ne me plaît pas. Ou alors, ce qui ne me plaît pas, c’est qu’on me repousse de la sorte comme une poussière. Un « non » monumental et splendide, le murmure de la défaite, une déflagration qui pour moi équivaut à un démembrement. L’allocution fatale. Le désir impénétrable de tomber. L’esquive trop vite oubliée, l’esquive de s’attacher aussi résolument jusqu’à suffoquer. Le « je n’aurais pas dû ». Le « je regrette ». Le « j’aime j’aime j’aime ». Plutôt crever que de ne pas aimer. Mon regard se trouble.

« N’écoute pas toutes les conneries que je débite. »

La honte aucunement ne m’atteint. Ce sont les autres qui en ont après nous. Les autres qui nous voient comme des dégénérés. J’ai peur qu’ils lui fassent du mal à elle. Quant à son paternel, qu’il vienne donc m’apprendre la vie…Je m’efforce de garder le contrôle sur moi-même alors que tout m’échappe. Je n’ose plus rien faire. Je passe une main fébrile sur mon visage mortifié. Je suis un ciel partagé, le tonnerre d’un côté, le calme plat de l’autre.

« C’est donc ça…Tu ne devrais pas t’en faire, je suis un grand garçon. »


Mes lèvres ne peuvent pas s’empêcher de s’étirer en un léger sourire résigné comme si ça pouvait encore changer quelque chose. Ce qu’elle dit m’écrase. Le poids me brise la colonne vertébrale. J’ai perdu toute combativité. Je hoche la tête sans comprendre ce qui m’arrive. Elle vient de me flinguer. « Est-ce que ça te…va ? » J’ai envie de rire hystériquement. Tu te fous de moi ? J’ai envie de hurler. Mais je dois vivement refouler mon orgueil bafoué et ma fierté affligée. Ses bras se referment autour de moi. J’ai incroyablement froid. Ça me gèle. J’ai presque oublié ce que ça fait. Je ne veux pas lui répondre pour ne pas tout gâcher puisque je sais SI BIEN le faire.

Cependant, un bruit familier écourte notre étreinte. Et merde, un client. Maintenant ? Je me détache brusquement. La personne ne me voit pas arriver, ou en tout cas, je ne lui laisse pas le temps de réagir. L’emprise de mon regard d’hypnotiseur la tétanise. Le geste est sec, détaché de tout sentiment. La froide gestuelle de l’assassin. Je pose ma main sur son visage et l’inconnu s’évanouit. Je rattrape le corps inanimé et l’étale sur le sol précautionneusement. Pas d’panique, je m’entraîne tous les jours. J’attrape une fiole dans la poche intérieure de ma veste dont je lui fais avaler le contenu fissa. On dirait que j’ai répété mon rôle toute la nuit. Je frappe dans mes mains et l’homme se réveille. Je l’aide à se remettre debout, il est patraque et la migraine doit être invivable. Je lui chuchote quelques mots brièvement. Pars vite et reviens tard, pars loin et ne reviens jamais.

Quand il a enfin débarrassé les lieux, je m’écroule contre un meuble, épuisé. « C’est d’accord. On devrait s’en tenir là… » Les trois points de suspension font un massacre dans mon âme infirme. J’ai à peine failli commettre un meurtre, mais à part ça, tout va bien. Très bien.


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Dernière édition par Eléazar Mordred le Mar 30 Avr - 14:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.» ♦ Eléazar & Aigéan   Mer 24 Avr - 14:22

Evidemment il se passe toujours ce qu’on n’avait pas prévu, ce qu’on ne désirait pas. Eléazar ne me gifla pas, mais ce fut tout comme. Sous sa remarque acerbe, j’eu un haut-le-cœur. Ma tête se mit à tourner quelques secondes, comme si mon esprit était totalement dérouté et ne savait plus ce qui se passait. Je n’avais pourtant pas exigé de ne plus jamais le revoir alors pourquoi tant de colère… Non, même pas de la colère : du mépris. Un accident ? J’avais envie de lui jeter quelque chose au visage, mais un espoir me retint, me persuadant qu’il y avait erreur, que ce pic envoyé l’avait été par pur désir de sauver les apparences. Quelqu’un était-il là ? Monsieur Gold dans la réserve peut-être ? Pourtant non, le propriétaire des lieux s’était bel et bien absenté. Alors un client ? Non plus. Je n’avais pas entendu la sonnette, j’étais pourtant sur le qui-vive, je n’aurais jamais pu la rater. Cela signifiait-il que ses mots étaient la transcription exacte, odieuse, de ses pensées ? Profiteur, scélérat, perfide, salaud. Ma fierté me fit pourtant ravaler mes larmes et lorsqu’il s’approcha de moi et m’empêcha de circuler en me bloquant contre le comptoir, c’est un regard noir que je lui lançai.

Son changement soudain de tempérament – passer de la glace au feu, il n’y avait que lui pour faire ça – me mettait hors de moi et mal à l’aise. Son corps pressé contre le mien, ses lèvres s’emparant de mon cou sans aucune retenue et d’une manière si provocante n’arrangeaient rien. Il réveillait la jeune femme pleine de désir qui était en moi et ce n’était pas le moment de le faire gagner : il ne méritait pas ça. Je devais rester de marbre – pourtant mon corps commençait à être dangereusement engourdi – et lui demander quelques explications sur son comportement lunatique. Nous étions une erreur puis, la seconde d’après, il refusait de me laisser partir ? Je n’étais pas un jouet.

Je mis sans aucun doute un peu trop de colère dans mes propos – ou justement, pas assez – mais j’avais terriblement peur que les choses virent au drame. Non préparée à ça, je me laissai aller à des paroles sans y réfléchir au préalable. Pourtant, lorsque la tempête s’éloigna enfin, je n’avais envie que d’une chose : le prendre dans mes bras et oublier toute cette colère. Sans lui demander la permission d’un simple regard – comme nous avions toujours l’habitude de le faire – je me collai à lui, l’enlaçant d’une manière qui appelait le réconfort. Je n’aimais pas la tournure qu’avait prise la « discussion ». Pour notre sécurité nous devions nous montrer prudents, mais plus encore que de nous faire prendre, j’avais terriblement peur de le perdre à jamais, par ma faute. Tournant la tête, je déposais quelques baisers sur sa chemise et renforçai ma prise, pressant mes doigts contre son dos. «C’est donc ça…Tu ne devrais pas t’en faire, je suis un grand garçon. » Apparemment rien ne servait de discuter sur le sujet. Oui c’était un « grand garçon », mais mon père était… Fut… Peu importe : un adversaire de taille, colossale, titanesque même et plus encore lorsqu’il s’agissait de sa fille cadette.

La sonnette annonciatrice d’un nouveau venu se mit à retentir. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire Eléazar avait quitté mes bras. Ce geste purement « protecteur » (puisqu’en parfaite harmonie avec ce que je lui avais demandé, à savoir : la discrétion) me fit toutefois un pincement au cœur. Comme c’était terrible d’être rejetée par l’homme qu’on… Qu’on aimait. Je lissai mes vêtements et fis mine de parcourir les allées de la boutique. Eléazar devait recevoir son client comme il se doit, mais je fus surprise de ne pas entendre la phrase de bienvenue polie habituelle. A la place, j’entendis seulement un souffle et puis plus rien. Intriguée je me penchai et regardai à travers l’ouverture d’une étagère. J’ouvris des yeux bien ronds lorsque je compris que le visiteur était étalé à terre. Mais qu’est-ce que… ? Je me mis à détaler à fond et posai des yeux ahuris sur Eléazar, agenouillé au-dessus de l’homme – semblait-il – inconscient et sortir de sa veste une petite fiole. « Euh. Mais qu’est-ce que tu fais ?! Ça va pas ?! Arrête ! » Je posai vivement ma main sur son épaule. Il fit claquer ses deux mains et l’inconscient ouvrit des yeux épuisés. Je m’éloignais de quelques pas cependant qu’Eléazar lui dictait que sais-je au juste. Deux minutes après, l’homme partit.

Eléazar se laissa choir contre un meuble. «C’est d’accord. On devrait s’en tenir là… » « Non… » Dis-je en fixant mes chaussures, tordant mes jambes avec embarra. « Non tu n’es pas du tout d’accord. » Preuve en était de ses réactions. Je poussai un profond soupire, clignai des yeux deux ou trois fois et m’approchai de la porte. Je jetai un rapide coup d’œil et, sûre qu’il n’y avait vraiment personne dans la rue, tournai la pancarte. La boutique était officiellement fermée. « J’espère que Gold en a encore pour un moment. » Je m’en retournai vers Eléazar et lui saisis le bras, l’entrainant vers l’arrière-boutique. Oh, il pouvait résister comme il voulait, j’étais bien décidée à mettre les choses au clair !

Je le poussai sur le canapé et restai debout. « Je ne veux pas que tu deviennes un assassin pour moi vois-tu. » Personne n’avait parlé de crime, mais Eléazar venait de se comporter étrangement. Ses gestes fluides n’avaient rien eu d’hésitant : il savait exactement ce qu’il faisait et ça n’avait pas l’air d’être une bonne chose. « Je peux savoir ce qu’il t’arrive au juste ? » Il semblait souffrir d’un dédoublement de personnalité, chose toute à fait inhabituelle, je l’aurais remarqué depuis longtemps autrement. Soudain, comme une évidence, la réalité m’apparut. Il n’était pas le seul à avoir changé. Moi également. Toutes les personnes de la ville qui avaient été arrosées par la pluie d’ailleurs. « C’est la pluie c’est ça ?... » Etait-il possible qu’il ait retrouvé son « vrai » lui ? Auquel cas j’avais très peur de ne pas aimer ce que j’allais découvrir…



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MessageSujet: Re: « Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.» ♦ Eléazar & Aigéan   Dim 28 Avr - 21:10




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Pourquoi t’abaisser à ça ? L’humanité ne te sied guère mon cher Eléazar. Tu croyais pouvoir endiguer le passé, tu croyais que je te laisserais faire sans broncher ? Mais j’ai compris ta petite combine, je vois clair dans ton p’tit jeu de la rédemption salutaire, du méchant qui devient, hop ! gentil grâce à…l’amour ? Tu te trompes complètement. Te voilà coincé dans une enveloppe de chair, c’est pathétique. Tu es faible. Aurais-tu oublié qui tu es ? Regarde-toi. Tu as mauvaise mine, mon grand. Tes petites occupations de grand-père ne m’intéressent plus. J’en ai assez de moisir ici.

Je regarde mes mains avec dégoût. Comment en suis-je arrivé là ? C’était quoi ce mouvement automatique ? J’ai même eu envie de resserrer mes mains autour du cou…lentement, sans effort. Je sursaute comme un serpent qui se dresse soudainement quand Aigéan me prend sur le fait accompli. J’ai rien fait, c’est lui qui…qui ça, lui ? Elle est en danger. Comment la protéger si lui c’est moi et comment la vouloir auprès de moi avec une telle ardeur ? Je n’ai jamais été doué pour les compromis décidément.

La jeune femme me fixe mais son expression est difficile à déchiffrer. Évidemment, je n’accepte pas son deal. Je ne proteste même pas quand elle m’entraîne là où nous serons enfin libres de parler. Malgré moi, me voilà assis sur mon vieux canapé dans mon repère de brigand. « Je ne veux pas que tu deviennes un assassin pour moi vois-tu. » Si ça peut la rassurer, moi non plus. Je n’ai pas eu mon mot à dire, j’ai agi. « Je peux savoir ce qu’il t’arrive au juste ? » J’aimerais le savoir. Que puis-je dire pour ma défense ? Mesdames, messieurs les jurés, je suis schizo et mon double maléfique est un dangereux psychopathe qui en veut à la terre entière. La noirceur de ce cœur me rend malade. Les mots s’emballent, je vais lui dire, même si c’est cru, je ne vais pas la ménager.

« Cela va te paraître délirant, mais une ex-partie de moi fait son grand retour. Je n’avais jusqu’à présent que des souvenirs…et la pluie…en effet…rend la chose plus épineuse. Il…je veux dire, moi…il te veut du mal. Il veut me manipuler et me forcer à accomplir des actes contre-nature. »

Je me prends la tête entre les mains. Il est fâché. Eh bien tant pis pour lui. Je poursuis difficilement : « Pas de panique, je ne vais pas lui donner ma bénédiction… » Aïe. J’ai l’impression de faire une crise cérébrale. Un AVC ? Je pousse un cri de douleur. Une terrible fièvre m’envahit. Il n’est pas du genre à coopérer sagement. Je me lève tout à trac et enlace Aigéan avec force. C’est une sorte de réflexe qui ne s’explique pas. Elle est là, face à moi et j’ai cruellement besoin d’elle. De l’attraction qu’elle exerce sur moi et qui me fait me sentir humain. Mes tremblements s’apaisent aussi rapidement qu’ils sont venus.

« Je t’appartiens. »

Je retrouve ma respiration, mais mon front est en feu. La douleur aiguë ne veut pas partir. Son rire mégalomane me vrille les tympans. Je chasse sa voix sournoise qui me souffle sa malignité et son désenchantement du monde. Va-t-en.

Il me faut un certain temps avant que ma pensée ne soit traduisible en mots. « J’aimerais te faire don de quelque chose… » Cela fait déjà quelques temps que j’y songe. Ça me travaille sérieusement. C’est sans doute la meilleure chose que je puisse faire pour contrecarrer les plans de Jafar.

Je sais que je peux lui faire confiance. Qui d’autre sinon ? Je n’ai personne. C’est elle ou rien.


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MessageSujet: Re: « Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.» ♦ Eléazar & Aigéan   Mar 14 Mai - 14:55

Un mélange d’étonnant et de frisson. Un profond soupir de soulagement, mêlé à cette peur de la découverte. L’impression de rêver éveillée. Est-ce réel ? Est-ce une vision ? Ma tête se mit à tourner. Ce revirement de situation si soudain et si étrange ne présageait rien de bon. De un, nous nous faisions surprendre – et pas dans la meilleure posture – de deux, Eléazar s’attaquait directement au voyeur ! Certes il avait peut-être vu quelque chose qu’il n’aurait pas dû – et c’était de notre faute à nous ! Après tout, n’avait-il pas le droit d’entrer dans une boutique « ouverte » ? – mais ce n’était pas une raison pour… Pour… Qu’elles avaient été les intentions exactes d’Eléazar ? Brrr, prise d’un énième frisson je décidai de prendre les choses en mains. Je « fermai » la boutique et entrainai le fauve dans l’arrière-boutique, puis dans son coin de discrétion à lui. Là au moins nous n’aurions pas de problème pour discuter « tranquillement ». Mes propos et prises de décisions étaient peut-être un peu rudes à entendre, mais ce n’était pas une raison pour… Commettre un meurtre ! Eléazar avait toujours été un homme très mystérieuse, et même si l’idylle que nous vivions m’avait dévoilé ses côtés fort doux, je n’avais jamais mis de côté que son tempérament était bien plus enflammé qu’il ne le laissait croire. De là à aller jusqu’à la violence ? Ça me révulsait : je ne voulais pas être la cause de ce changement de comportement.

Et si… Et si ce n’était pas moi la responsable ? Et si l’unique raison de ce changement était commune à tous les autres ? A celui de Gold, d’Aislinn et Willy… Au mien ? L’étrange pluie qui s’était abattue sur la ville quelques jours plus tôt. Etait-ce cela également ?

« Cela va te paraître délirant, mais une ex-partie de moi fait son grand retour. Je n’avais jusqu’à présent que des souvenirs…et la pluie…en effet…rend la chose plus épineuse. Il…je veux dire, moi…il te veut du mal. Il veut me manipuler et me forcer à accomplir des actes contre-nature. » D’immenses yeux ronds. Voilà ma réaction. Et un pas en arrière aussi. Ainsi une psychopathe ambulant cohabitait dans son esprit et n’avait envie que d’une chose ? M’anéantir ? Une bouffée de chaleur s’empara de moi, suivi par une impression de gel intense : j’allais défaillir. Comme s’il lisait mes pensées – était-ce le cas ?! – il ajouta, la tête plongée dans ses mains. « Pas de panique, je ne vais pas lui donner ma bénédiction… » Merci bien parce que si une chose terrible pouvait arriver c’était bien celle-là : désirer et en même temps avoir peur de quelqu’un qu’on aime… Qu’on quoi ?! Alors voilà tout ce qu’il m’avait fallu pour que je me rende enfin compte que ce que j’éprouvais réellement ? Eléazar n’était pas qu’une passade, il était bien plus que ça. Je fermai les yeux et esquissai un sourire en posant ma main sur ses cheveux, mais je fus brusquement interrompue par un hurlement de douleur. « Est-ce que ça va ? » M’empressai-je de demander en reculant d’un pas par réflexe – c’est qu’on voulait apparemment ma peau. Mais aussi rapidement que le cri avait surgit, le calme sembla reprendre possession de lui. Il se leva et enroula ses bras autour de moi, serrant encore et encore. Toute raidie de peur, je mis quelques instants à m’assurer que l’autre n’allait pas surgir et m’étouffer, comme ça, comme une vulgaire bestiole à abattre. « Je t’appartiens. » Mais moi aussi je t’appartiens, voulu-je lui répondre sans pourtant parvenir à le faire car il mentait. Non, il ne m’appartenait pas. Pas totalement. Une part de lui voulait vraisemblablement se séparer de moi – violemment soit doit en passant – et c’était très effrayant. « Tout ira bien… » Me contentai-je de dire, répondant à son étreinte et chatouillant sa nuque de mon souffle.

Un long silence s’ensuivit durant lequel je n’osai pas parler, à peine respirer, même pas battre des cils. Je réalisai que j’avais une peur bleue de le perdre définitivement. Le problème avait évolué et ce n’était plus les autres : c’était lui, l’autre lui. La pluie qui avait chamboulé bon nombre de personnes était un véritable fardeau. Qui voudrait se souvenir d’avoir été quelqu’un d’horrible ? Qui voudrait se rappeler ses crimes ? Je frissonnai. Moi au moins, j’avais emble-t-il vécu une petite vie tranquille et bien rangée, sans acte d’illégalité – j’étais loin de me douter qu’en réalité les règles je les enfreignais déjà à l’époque des sirènes. « J’aimerais te faire don de quelque chose… » Je relevai la tête, les yeux brillants d’émotions – c’était vraiment beaucoup à encaisser tout ça. « Qu… Quoi ?» Je le questionnai du regard. Don de quelque chose ? Comment-ça, « don » ? C’était un terme assez inhabituel en dehors des œuvres de charités. Etait-ce là un subterfuge habile venant de l’autre ? Je fis une grimace dubitative en m’asseyant sur le canapé. Il me laissa seule quelques instants. Quelle journée. Encore. On ne pouvait vraiment pas vivre un jour de normal nous deux.

Un peu gênée, je regardai tout autour de moi, comme si je découvrais les lieux. Pourtant je la connaissais cette pièce. Oh oui très bien même. Je me mis à rougir un peu et baissai les yeux. J’envoyai valser une poussière posé sur ma jambe et ressenti une sorte de brûlure. « Saleté de moustique. » Murmurais-je en me grattant.



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MessageSujet: Re: « Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.» ♦ Eléazar & Aigéan   Sam 25 Mai - 20:42




Welcome to my life

Je m’esquive, mais pas pour aller chercher ce quelque chose que je redoute tant. Elle est là, dans la pièce juste à coté, j’entends sa respiration, j’imagine ses multiples interrogations dans l’ombre de son regard suspicieux. Moi je reste immobile, j’essaye de reprendre contenance. Ce que je m’apprête à dire et à faire…l’Autre veut m’en empêcher, mais il ne peut pas vaincre ma volonté. Je sais ce que je veux : arrêter de nuire, arrêter de lui nuire. Et c’est elle, cette jeune femme dont la nature est de charmer les serpents semble-t-il, c’est à elle seule que je vais remettre toute mon existence ; un présent monstrueux, un passé délétère et un futur potentiellement désastreux. Une jolie boîte de Pandore en somme. Je devrais peut-être arrêter de penser à partir de maintenant.

Les sentiments à fleur d’âme, je m’empresse de retourner auprès de ma sirène bien-aimée. Tout ira bien. J’ai du mal à la croire. Il le faut pourtant. J’inspire profondément comme avant un plongeon de plusieurs mètres de haut. Je m’assois à côté d’Aigéan et penche mon visage automatiquement vers le sien. Ce n’est qu’un rituel que nos deux êtres ont conçu à notre insu. Mon désir extravaguant trempe nos lèvres d’amants perdus. Mon baiser est une douce rêverie. Le regard est le même que ce soir-là…quand sa beauté nue m’est apparue.

Je cherche sa bouche pour un murmure. « Il était une fois, un homme vêtu de noir avec de noirs desseins… » Je l’emmène dans un songe éveillé, derrière le voile, au-delà, dans le parfum envoûtant des sables mouvants. « Cet homme avait une telle soif de pouvoir, souhaitant devenir le suprême sultan lui-même, qu’il entreprit de s’emparer d’une lampe magique aux pouvoirs inimaginables… » Je frôle son corps, je m’en délecte. Je m’allonge sur elle naturellement pour lui dicter les sombres secrets d’une mémoire épuisée de conserver tout pour elle. « Pour ce faire, Jafar avait besoin d’une âme pure. Il manipula un jeune homme mais celui-ci lui joua un mauvais tour, devenant le maître du génie de la lampe. » Je ne sais pas comment formuler ce trop plein d’émotions vivaces. J’emprisonne derechef les lèvres de la demoiselle. Je lui montre un pan de mon histoire. Elle peut entrevoir le chaos bien ordonné de Jafar et son vœu de vengeance.

« Dans sa quête de pouvoir, le méchant sorcier devint lui-même un génie, il avait dès lors le summum de la magie en sa possession, mais il oublia un détail - non pas des moindres : les chaînes qui entravent tout djinn. »

Quand je l’embrasse, je m’oublie un peu plus. Serait-ce la dernière fois… ? Je mêle nos souffles comme un adieu silencieux. Combien de fois avions-nous senti nos cœurs battre à tout rompre ? « Pardon de t’imposer tout ça… » Elle a vu et souffert avec moi. Je m’excuse presque de l’aimer comme je l’aime, de ma façon un peu tragique. Je fais apparaître la source de tous mes ennuis. Je dépose dans ses mains une pièce d’antiquité rare qui brille d’un noir surnaturel. « Mon lieu de naissance et de mort. Elle est à toi, Aigéan…pour le meilleur et pour le pire… » Je lui souris avec tendresse pour ne pas l’effrayer davantage – et j’ose même une blague de mauvais goût. Parler « union éternelle » dans de telles circonstances, non, vraiment, c’est mal.

« Ceci est un garde-fou, ceci est ton assurance vie. Jure-moi que tu l’utiliseras contre moi si jamais…je recommence. Toute magie a un prix, préserve-nous, je t’en supplie. »

Qui est mieux placé que moi pour savoir les dangers de cette maudite lampe ? Un génie entre de mauvaises mains, c’est une promesse d’anarchie complète. Rien de très réjouissant donc. Elle connaît le mode d’emploi à présent, j’espère qu’elle saura, le moment venu soumettre Jafar.

Je me place sur le côté et l’enlace, soudant nos âmes que l’univers voudrait séparer. « Je me demande quel genre d’homme tu peux aimer… » Les déments ? Les mauvais garçons ? Le danger imminent ? Elle n’a jamais répondu totalement à mes aveux amoureux, du moins, pas verbalement. Suis-je persuadé qu’elle ne m’aime pas véritablement dans ce cas ? Est-ce que je parcours la trajectoire d’un météore dans le ciel d’Aigéan ? Quelle méprise et quelle angoisse incessante. C’est le genre de doute qui fait s'échouer les plus beaux navires à l'autre bout du monde. Notre amour, c'est le Titanic. L'iceberg est tout proche. Nous allons bientôt nous y heurter.


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MessageSujet: Re: « Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.» ♦ Eléazar & Aigéan   Lun 8 Juil - 9:33

Une décharge électrique, alerte émotions, le cœur qui s’emballe et continue de battre à tout rompre, s’accélérant même lorsque l’on prend conscience qu’il bat déjà si vite. Voilà ce qui m’arrivait chaque fois que je me trouvais si près de lui, plus encore lorsque nous étions seuls et que nous risquions de nous faire surprendre, plus encore lorsque des évènements inattendus se produisaient… Comme à cet instant précis. La révélation d’Eléazar était aussi flippante que surprenante, elle expliquait pourtant bien des choses. Ainsi il cohabitait avec un autre lui – ou tout simplement celui-là même qu’il était réellement en fin de comptes – qui ne voulait qu’une chose : me détruire. Quel tourment, et pas que pour moi. Pourtant il m’affirmait qu’il n’allait pas le laisser faire, pas de panique. Pas de panique ? Je panique ! C’est comme dire à quelqu’un de ne surtout pas regarder en bas, le premier réflexe étant de le faire. Mais pour croire en nous je devais d’abord croire en lui et lui donner ma confiance à ce sujet : pas d’inquiétude, il allait « gérer » et envoyer paître ce fou tordu de manipulateur sans cœur, l’empêcher de me réduire à néant. Son regard – la cicatrice prenait à présent un sens très nouveau qui me faisait frissonner – était doux et me calma. Oui, tout irait bien, j’en étais certaine, je le lui promettais.

Il me laissa seule quelques instants, le temps d’aller chercher ce quelque chose dont il voulait me faire don. Avait-ce un rapport avec ce « dédoublement » de personnalité ? Sans doute, la confidence avait suivi un chemin trop « logique » pour que ce ne soit pas le cas. Mon rythme cardiaque ramené à une allure décente, je l’attendais patiemment, mais une certaine appréhension me tiraillait l’estomac.

Il ne lui fallut pas longtemps pour revenir auprès de moi. Ainsi donc, la chose en question était à portée de main, il n’avait pas eu à la chercher, plus de doute sur ce que c’était : quelque chose d’important pour lui, de très important. Mon cœur se serra sans que je ne sache pourquoi. Pourtant, ce sont les mains vides qu’il réapparut. Son corps se posa à côté du mien, me procurant un frisson dont la cause était non identifiée : la peur ou le désir ? Peut-être les deux à la fois, sentiments complexes qui résumaient bien notre relation. Ses lèvres se posèrent alors sur les miennes, sans que rien n’ai été demandé, comme si tout était normal. Finalement peut-être que tout l’était, peut-être était-ce simplement nous qui rendions les choses complexes sans qu’elles ne le soient de premier abord. Le contact chaud de sa bouche contre la mienne désorienta de nouveau mon esprit qui, instinctivement, accéléra les battements de mon cœur. Mais ce qui me désorienta plus encore fut le songe dans lequel il m’emmena.

Même système que pour fouiller mon cerveau, mais cette fois-ci ma vie, présente ou passée, n’avait rien à voir. C’était la sienne qu’il me dévoilait en toute conscience. La vérité toute nue. Du trouble, du mépris, de la colère puis même de la haine, la jouissance de semer la terreur, de profiter d’un pouvoir grandissant, d’utiliser les autres comme des pantins, le plaisir de faire du mal. A travers ce songe, je découvrais la véritable vie d’Eléazar, ou plutôt de ce Jafar. Un sorcier sournois aux desseins noirs qui avait manipulé des innocents. En somme, le genre de personne que je n’appréciais guère. Pourtant, lorsque ses baisers entreprenants me ramenaient à la réalité pour quelques secondes, je n’avais aucun doute sur le fait qu’Eléazar n’était pas Jafar. Peut-être l’avait-il été réellement, dans une autre vie, tout comme moi j’avais été une sirène. Mais ce n’était plus le cas. Ma peur irrémédiable de l’eau en était la preuve : nous pouvions changer. Pourquoi pas lui ? Si les sentiments que Jafar ressentait me criblaient le crâne comme les balles d’un révolver, je n’en avais pas moins envie de croire en Eléazar : ce n’était qu’un mauvais moment, une mauvaise étape à passer. Ensemble. Et tant pis si l’autre voulait ma peau. Je n’allais pas le laisser faire.

Lorsque ses lèvres quittèrent les miennes, le songe se dissipa et disparu aussi rapidement qu’il était venu. Mon regard chercha le sien, mais mes yeux furent attirés par un phénomène plus étrange encore que l’échange que nous venions d’avoir. Dans ses mains vides venait d’apparaitre un objet métallique noir et brillant non identifié. Peut-être l’avais-je déjà vu dans des livres, mais je ne comprenais pas bien ce que c’était – d’autant plus que j’étais toujours sous le choc de cette manifestation soudaine de… Magie. «Mon lieu de naissance et de mort. Elle est à toi, Aigéan…pour le meilleur et pour le pire… Ceci est un garde-fou, ceci est ton assurance vie. Jure-moi que tu l’utiliseras contre moi si jamais…je recommence. Toute magie a un prix, préserve-nous, je t’en supplie. »

Je lui renvoyai son regard, ahurie qu’il m’ait confié cette chose si précieuse. Me faire confiance à ce point était la preuve que j’étais devenue quelqu’un de réellement important dans sa vie. Cette pensée me fit sourire et lorsque son bras passa autour de mes épaules, tandis que je tenais entre mes mains le berceau de sa vie, je compris qu’il avait pris une place tout aussi importante dans mon propre cœur. « Je me demande quel genre d’homme tu peux aimer… » Etait-ce une façon détournée de me demander ce que je ressentais pour lui ? A dire vrai, il avait été honnête, depuis le début. Moi ? Loin de là… Je n’avais jamais clairement dit un « non » ou un « oui ». Jusqu’ici ça n’avait pas eu l’air d’être un problème, mais aujourd’hui les choses venaient de considérablement changer. Il était à présent question d’un « nous » et laisser Eléazar dans le doute était profondément égoïste de ma part. «Peut-être ton genre à toi ? »Lâchais-je timidement en détournant le regard. C’était incroyable, j’étais bien plus à l’aise à l’embrasser et à exprimer mon contentement lors de nos nombreux ébats que lorsque je devais exprimer mes sentiments sérieusement. « Enfin, je veux dire… » Dire quoi ? Je vais mourir, faire une attaque, je me sens rougir à tel point que je vais imploser !

Dans un élan de courage, je le poussai de côté et pris les devants, me retrouvant assise sur lui allongé. Je me saisis de la lampe et la regardai avec admiration. Elle ne payait pas de mine mais la puissance de l’objet faisait vibrer mes longs doigts. Un sourire en coin s’afficha sur mes lèvres. « Je jure d’en prendre le plus grand soin et de m’en servir en cas de besoin. » Je la reposai délicatement sur la table puis, lentement, me penchai au-dessus d’Eléazar. Alors ma joue frôla la sienne et d’une voix presque chantante – ma nature reprenait le dessus, c’était certain – je lui murmurai à l’oreille « Parce que je vous aime monsieur Mordred. » Sur ce, je déposai mes lèvres sur les siennes et approfondissais notre baiser à chaque seconde écoulée. Mes mains saisirent sa nuque, mes dents narguèrent ses lèvres et la pression de mon corps sur le sien ne laissait aucun doute sur ce que j’avais envie de faire, là tout de suite. Pourtant, le seul tintement de la clochette associé au bruit sourd d’une canne qui cogne le sol me serra le ventre. « Gold. » Soufflai-je. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire je me retrouvai debout à me recoiffer furtivement et saisis l’objet de valeur dans mes mains. « Je passe par ta boutique. » Gold n’avait jamais beaucoup apprécié mes visites dans sa caverne, que ce serait-il passé s’il avait compris que son associé, celui à qui il confiait la boutique en son absence, côtoyait la fouineuse en cachette ? Je n’osais même pas imaginer. Un dernier baiser sur ses lèvres et je m’en allais aussi discrètement qu’un chat, espérant de tout cœur qu’avoir en ma possession la lampe allait enfin arranger les choses.



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« Le début de la fin, ou la fin du début ou… Je t’aime.» ♦ Eléazar & Aigéan

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