Forum RPG sur la série Once Upon A Time
 
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 Never let you down ♠ Alice & Victor

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MessageSujet: Never let you down ♠ Alice & Victor   Mer 20 Mar - 21:35


Never let you down

Une ombre grise sur les pavés d’encre rouillée, un jour pluvieux pour un pays morose. L’ennui précède les nuits interminables. L’air est vicié. Nos cimetières bondés. Une lueur argentée éclaire vaguement ce tableau clair-obscur. Je visite les gens dans le cadre de mes études de médecine, auscultant leurs visages livides, preuve incontestable de leur déliquescence. Je n’en suis nullement affecté cependant. Il m’en faut plus pour vomir l’humanité. Je suis un philanthrope ne l’oublions point. J’ai déjà amorcé l’opération Frankenstein. Si tout fonctionne correctement…bientôt – j’en ai la certitude – la vie éternelle étincèlera dans ce monde brumeux. Mon côté profondément cartésien et objectif n’est pas dupe. Cela ne se fera pas en trois jours. Je ne suis pas Dieu, je suis savant. Peut-être est-ce l’œuvre de toute une vie. Peut-être que mes travaux échoueront lamentablement. Peut-être, peut-être…rien n’est sûr, tous ces postulats nous font reculer alors qu’il faut se lancer corps et âme dans l’entreprise.

Pour l’heure, à la manière d’un écolier, je marche le long d’une allée familière, des ouvrages sous le bras. J’atteins une haute maison aussi austère que le manoir familial. On dirait que tout est mort ici-bas. Mais moi je sais que c’est faux, je sais qui m’observe par l’œil-de-bœuf du dernier étage de la plus haute tour. Je lance dans les airs une montgolfière en modèle réduit que j’ai fabriquée de toutes pièces. C’est le signal. J’ai caché un petit mot à l’intérieur de la nacelle. « Forêt, hors sentier, 200 mètres, sur la droite, lève les yeux et… » Je souris intérieurement.

Cela fait des semaines que je mène à bien ce projet d’envergure, délaissant mes précieuses recherches scientifiques. J’ai travaillé jours et nuits, coupant, sciant, plantant des clous, montant, descendant, ponçant, sculptant, m’arrachant sang et eau et courbatures. Le résultat est là, sous mes yeux pleins d’une fierté non dissimulée. Je jette ma veste en tweed sur l’épaule et grimpe l’échelle de bois, me hissant tout en haut du refuge de nos rêves impossibles. J’y dépose mes livres et croque dans une pomme en attendant sa venue prochaine.

De dix ans son aîné, Alice est pour moi la petite sœur que je n’ai jamais eue. Vive, alerte et curieuse, elle m’a une fois suivi jusqu’à mon laboratoire. Croyant que je n’avais pas remarqué son manège, elle m’espionna des heures durant réaliser quelques expériences chimiques. A la fin, je fis semblant de la découvrir sous le bureau. Depuis, nous ne nous sommes plus quittés. Elle est mon assistante à ses heures perdues, quant à moi je comble sa solitude. On se porte plutôt bien à nous deux. Elle est la seule qui parvienne à effacer mes doutes sur mon avenir et mes angoisses concernant un père trop strict et estimant si peu mes travaux. Elle fait tout disparaître comme…par magie.

Aujourd’hui est un jour très spécial. C’est son anniversaire. Treize ans. Mes yeux brillent par anticipation. Elle pourrait passer son temps libre à lire, se goinfrer de friandises, boire du thé, rêvasser sans que personne ne la dérange. Une grande maison dans les arbres rien que pour ma protégée. Dans peu de temps, je verrai sa chevelure courir dans le vent. J’imagine la scène : sa mine ahurie, ses sautillements surexcités, ses yeux grands ouverts sur une merveille. La couvrir d’or pourrait avoir le même effet sur elle à n’en pas douter. Je perçois des craquements de branches et de feuilles. La voilà ! Je proclame théâtralement :

« Approchez, approchez mesdames, mesdemoiselles, messieurs. Venez assister au spectacle. Entrée gratuite ! Ne soyez pas timides. »

Oui, décidément, aujourd’hui est un jour spécial…
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Je nie les larmes leur lumière
Mes yeux ne sont plus de ce monde
Je suis passé tout est passé
Je suis une ombre dans le noir
Je suis le germe du désordre
— Eluard


Dernière édition par Victor Whale le Dim 24 Mar - 23:15, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Never let you down ♠ Alice & Victor   Ven 22 Mar - 21:42


♠ Never let you down ♠


    Une haute maison lugubre, au bout d'une allée toute aussi sombre, bordée d'arbres. Alice avait beaucoup d'affection pour les arbres, sauf lorsqu'ils éclipsaient la blanche lumière du soleil et faisaient naître des ombres dans cette allée. Elle en avait cauchemardé, étant petite, sans jamais savoir si tout cela était un rêve ou s'il y avait vraiment... des choses. La vitre étouffait le bruit de la pluie, mais Alice n'avait pas besoin de tendre l'oreille pour l'imaginer tombant dans le jardin. Elle avait le nez collé derrière sa fenêtre : une fenêtre ronde, qui ne laissait filtrer qu'une lumière grise et sale, pas bien grande, mais déjà plus qu'elle qui n'avait pas fini de grandir. Devant la fenêtre, il y avait un petit banc garni de coussins sur lequel on devait s'installer pour lire ou regarder par la fenêtre.

    Alice était recroquevillée dessus, ses bras entourant ses genoux contre sa poitrine. Elle regardait dehors, regardait la pluie tomber et le vent agiter les grands bras des arbres. Tout cela était si triste, elle ne se faisait jamais à l'uniformité obsédante de la lumière, des choses. La poussière et la joie, c'était toujours la même chose. Alice était sûre que quelque chose clochait. Si elle avait su que les couleurs existaient, elle se serait laissée mourir, désespérée de leur absence : en attendant, elle cherchait de la joie et de la vie dans son décor familier, lugubre, ennuyant.

    Tout était gris, tout était mort, alors que dans le coeur d'Alice c'était jour de fête. D'accord, c'était toujours jour de fête, mais ce jour-ci était spécial: elle allait avoir treize ans ! C'était important tout de même son anniversaire ! Surtout treize ans, treize, elle aimait bien ce chiffre. S'il y avait bien un moment où elle pouvait s'amuser, c'était celui-ci ! De temps à autre, un sourire remontait aux lèvres de la jeune femme lorsqu'elle y repensait, ou qu'elle entendait un bruit venant d'en bas, parfois même la voix de sa mère, qui avait daigné sortir de sa chambre.

    Alice passait son temps à regretter que sa mère lui adresse peu la parole. Jusqu'à ce qu'elle le fasse … Pour lui rappeler des absurdités ennuyantes qui gâchaient la vie de la jeune fille. Ce matin-là, elle avait dégringolé les escaliers, folle de joie, avec l'envie de courir et de tourbillonner partout, de rire aux éclats... Et non, elle n'avait pas mis son corset. Sincèrement, quel était l'usage de cet appareil de torture ? Elle n'avait que treize ans et n'était toujours pas bonne à marier, elle ne verrait personne, et qu'on lui fiche la paix ! Mère l'avait renvoyé se changer dans sa chambre. Elle avait obéit, était remontée dans sa haute tour, dans son nichoir sous les toits, et avait enfoui son nez dans un bouquin. Zut alors.

    Alice leva des yeux rêveurs. Son regard passa sur le décor familier, le peuplant de chimères et d'aventures, jusqu'à s'arrêter sur une silhouette qui se tenait en contrebas. Un large sourire éclaira son visage : il n'y avait pas grand monde qui pouvait être ici … Son instinct fut confirmé par l'apparition d'une petite montgolfière, oh, miniature, minuscule, charmante et mignonne, qui oscillait dans les airs à la hauteur de l'œil-de-bœuf. Se mordant la lèvre inférieure, et trépignant, Alice ouvrit la fenêtre et fit rentrer le petit engin à l'intérieur. Laissant tomber la nacelle sur ses genoux, elle eut du mal à déplier le petit mot qui s'y trouvait, tant elle était impatiente.

    « Forêt, hors sentier, 200 mètres, sur la droite, lève les yeux et… » Et et et et quoi donc ?! Oh, ce n'était pas gentil de titiller sa curiosité comme ça ! Il la connaissait suffisamment pour savoir qu'elle ne serait pas capable de résister une seule minute. Qu'y avait-il donc en l'air, dans une forêt ? Un nid ? Un chat coincé ? Un écureuil vous jetant des noisettes ? Il n'y avait pas une minute à perdre, lorsque quelque chose vous tirer de l'ennui : n'importe quoi lui conviendrait !

    L'auteur de cette douce attention ? Victor. Victor Franquenstehn ou quelque chose de ce goût là, Alice n'arrivait jamais à prononcer son nom du premier coup. Victor, ça par contre elle y arrivait : c'était l'un de ses rares amis ici-bas, et qui plus est son seul ami qui n'était pas ennuyant comme la pluie. Pouvait-on parler d'amitié lorsque vous n'êtes qu'une enfant et que l'ami en question a dix ans de plus que vous ? La question troublait beaucoup la haute instance maternelle, mais pas le moins du monde Alice. Victor était son ami, le grand frère qui lui manquait, qui la comprenait, qui l'écoutait babillait sans l'ennuyer avec des remarques raisonnables et lourdes de responsabilité, le grand frère qui lui permettait de rêver et qui bricolait toujours des choses surprenantes et intéressantes dans son incompréhensible laboratoire.

    Et il avait visiblement un projet pour la journée : Elle dégringola à nouveau les escaliers hors de son repaire, ne s'arrêtant que pour saisir un manteau dans lequel elle s'enroula . Elle laissait tout en plan, la fenêtre ouverte par laquelle s'infiltrait la pluie, les livres entamés, la tasse de thé sur la desserte et les préparations de son gâteau d'anniversaire dans la cuisine. Alice n'écouta pas la gouvernante lui demander où elle allait. Elle verrait bien, elle allait revenir d'ici peu, non?

    Alice déguerpis dans la forêt. Malgré les bruits qu'émettaient les buissons, elle n'avait pas peur, poussée en avant par sa curiosité maladive serrant le papier dans son poing. Quitter les sentiers, c'est une chose bien imprudente, on peut rencontrer des loups, des ornières, des terriers de lapin, mais aussi l'aventure et de quoi rire. Son sens de l'orientation était défaillant, voire inexistant. Mais la jeune fille était hautement concentrée, et marchait la tête vers le ciel, avide de ne rien louper de... quoique ce soit.

    Du coup, elle trébucha plusieurs fois. Le bas de sa robe emportant un peu de boue et de feuilles au passage. Qu'importe, elle avait fait le bon choix : au milieu des branchages, il y avait des planches, et des clous, qui n'avaient rien à faire là et qui pourtant y étaient parfaits. Une cabane. Une petite maisonnette de bois, perchée dans un arbre. Tout en haut, là-haut entre les écureuils et les oiseaux.

    Alice ouvrit la bouche, mais était incapable de parler. Elle tourna autour de l'arbre, ses yeux grands ouverts, ébahis, émerveillés, pleins d'une adoration sans borne. Elle se heurta à l'échelle de bois : elle n'avait pas fait attention à ce qui était à la hauteur de ses yeux, distraite Alice. Sans hésiter, elle grimpa le plus vite possible, impatiente d'arriver tout en haut. Son coeur battait à tout rompre, elle n'osait même plus cligner des yeux de peur d'en louper une miette.

    « Approchez, approchez mesdames, mesdemoiselles, messieurs. Venez assister au spectacle. Entrée gratuite ! Ne soyez pas timides. » Victor, déjà installé dans la cabane, apparut dans l'ouverture, souriant, théâtral, visiblement en grande forme. Alice lui rendit son sourire, sa joie s'étendant d'une oreille à l'autre : on aurait pas pu faire mieux.

    « -Je ne suis pas timide ! » protesta-t-elle en mettant enfin le pied sur le plancher de la cabane. « - Un spectacle ? » Ses yeux pétillaient. Comptez sur les enfants pour capturer le mot spectacle ou cadeau dans votre phrase : Alice n'en était plus tout à faite une – treize ans ! Elle était grande maintenant ! - mais ses centres d'intérêts ne changeaient pas.

    Elle n'était pas timide. Juste émerveillée, bouche bée. Sa protestation s'éteignit, alors que son regard découvrait le paradis dans les arbres qu'était la cabane. Elle gloussa, plaquant ses mains devant sa bouche, mais de sa bouche sortait tout de même un rire ravi : quelle joie ! Voilà ce qu'on appelait un anniversaire réussit ! Elle battit des mains, les serra contre sa poitrine. Fit quelques pas hésitants, se demandant mine de rien si tout cela allait bien tenir, ou si elle allait commençait une chute interminable. Elle était hystérique, folle de joie et folle à lier. Alice partit d'un rire joyeux, caressant un morceau de bois qui se trouvait près d'elle, du bois des doigts, comme s'il allait disparaître, ou qu'il était trop sacré.

    « - Mais d'où vient-elle ? Etait-elle tombée des cieux ? »

    Ne la regardez pas comme cela: c'était tout à fait logique ! Elle était tombée, et s'était retrouvée accrochée dans les branches, suspendue entre ciel et terre, avec pour voisin les feuillages. Alice n'attendit même pas la réponse et sautilla, heureuse, vers le jeune homme et l'enlaça brièvement avec une spontanéité que mère aurait très certainement réprouvée, avant de s'agripper à son bras, souriante :

    « -Oh Victor ! C'est magique ! C'est magnifique !»




Elle est un petit trésor qu’on aimerait cacher au reste du monde, qu’on garderait pour soi comme un petit talisman porte-bonheur et qu’on porterait tout contre son cœur en cas de coups de blues ou pour des moments bienheureux comme celui-ci.  ♥️ Whale

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MessageSujet: Re: Never let you down ♠ Alice & Victor   Mer 3 Avr - 23:02


Nowhere boy

La douleur de vivre dans la grisaille. Il est parti un matin. L’hiver s’arrimant dans nos cœurs, gelant nos espérances. Je pleure le départ, mais je ne veux pas qu’il le voit. Alors je souris à ce frère qui court à la mort. Je souris à la vie. C’est rapide, pas le temps de s’épancher. Une dernière accolade fraternelle, un encouragement silencieux et adieu. Il est déjà loin. Le reverrai-je demain ? Une heure de regrets, un mois de prières inépuisables et inutiles, un an d’angoisse perpétuelle. Il reviendra en héros, mort ou vif.

Papa ne m’adresse plus la parole. Il a perdu deux fils pour le prix d’un. Je le dérange, je le dégoûte peut-être. Je suis son souffre-douleur personnel. Je fuis ce royaume écrasant et rejoins Alice dans notre Eden perdu. Vite, vite. Elle est là, follement heureuse. Je veux la serrer dans mes bras, me sentir exister. Trop tard. IL me manque. Elle est là, virevoltant dans l’air du vent, des feuilles. Bruissements romantiques. Je me sens faiblir un instant. Sa joie me tient en éveil pourtant. Je fais semblant. Je vais bien, ne t’en fais pas.

Ma gorge se noue. Je me garde bien de lui dire ce qui me pèse. C’est sa journée, son cadeau, sa fête, je n’ai absolument pas le droit de gâcher ça. « Était-elle tombée des cieux ? » Il m’échappe un petit rire. Sa naïveté va devenir légendaire. « Des petits elfes des bois ont travaillé dur toute la nuit pour te faire plaisir…Je plaisante. Mes mains ont fait ça, rien que pour toi. » Ma fierté recouvre mes tristes états d’âme. Tout va bien. J’inspire un coup. Elle me prend par surprise, m’entourant de ses bras pour me remercier. Je suis agréablement étourdi par ce sans-gêne qui la caractérise. Je vois, non pas une étoile, mais un pan entier de ciel étoilé dans le fond de ses yeux. Elle me rend la vie, elle ravive l’homme plein d’entrain. L’homme qui rit, joue avec elle, lui apprend des tas de choses. Je l’embrasse sur le front avec douceur. « Bon anniversaire ! Maintenant fais un vœu… » Oui j’y tiens, il faut y croire jusqu’à ce que ça marche. Ne jamais abandonner, tel est mon credo.

Passons aux choses sérieuses – pas tant que ça. Je déballe mes affaires. Des ouvrages (romans d’aventure pour la plupart, contes de fées) et des friandises. De manière inattendue, je place dans sa main un petit objet rond accompagné d’une chaîne. « Comme ça, même si tu te perds, tu auras toujours l’heure. Le mécanisme est particulier, c’est une montre qui ne s’arrête…jamais. » J’ai passé quelques nuits blanches afin de confectionner ce petit bijou d’horlogerie. J’ai toujours été obnubilé par le passage du temps, les cadrans solaires, tout ce qui mesure la vie et son cheminement. Gerhardt pouvait passer des heures à écouter le tic tac et le ronron rassurant de mes machines. Voilà que je replonge. Mon regard s’égare. Il pleut dans mon âme. Je me cache, non, je ne peux pas. Je laisse quelques minutes s’écouler tranquillement. Il faut parler. Son regard tout plein de paillettes m’en empêche. Mais il le faut. J’ai besoin de toi, de tes mots, d’une présence humaine. Un brin de gentillesse pour ne pas déchanter complètement.

« J’ai peur, Alice. Pour mon frère. J’ai peur qu’il soit… » Impossible de prononcer ce mot. L’ultime. J’en tremble et ce n’est pas à cause de la pluie qui a trempé ma chemise. Je retiens des larmes de détresse infinie. « Je ne sais pas quoi faire…je n’ai personne…Père est devenu muet, il n’est plus qu’une vaste ombre errante. Je suis terriblement seul au manoir…heureusement que tu es là, sinon… » Sinon quoi ? Je partirais le tirer de là ? La guerre, les flammes, le sang. Je suis un pauvre trouillard. Je vais faire quoi ? Rien, attendre.

Attendre de recevoir la missive fatale. Attendre que tout soit perdu d’avance. Je ne sais faire que ça, attendre.

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MessageSujet: Re: Never let you down ♠ Alice & Victor   Lun 8 Avr - 19:44


♠ Everybody has a home, even the nowhere boy ♠


Elle est heureuse. Au paradis perché dans un arbre. Elle s'accroche au bras de son ami, de son camarade, de son grand frère. Son seul ami, ou presque. Son seul ami, pour de bon. C'est pour ça qu'elle sourit, parce qu'elle est vraiment ravie de la surprise, parce qu'elle est la gamine de 13 ans la plus heureuse de l'univers, et... Chasser la monotonie des jours gris, chasser l'ennui qui lui colle au basque comme la pluie et le brouillard qui imprègnent leur pays. Il est triste. Souvent. Surtout depuis quelques temps.
Alice ne veut pas qu'il soit triste, elle veut sourire et sentir le bonheur irradier son corps, comme là maintenant, mais que cela soit tout le temps. Elle veut toujours rire et se pendre à son bras, avec des étoiles dans les yeux, elle veut voir l'un de ses rares amis sourire, être fier d'une cabane dans les arbres, de leur refuge secret contre leur monde. Pourquoi est-ce que ses souhaits ne se réalisent pas ?

Voilà, il rit. C'est mieux. Qu'est-ce qu'elle a dit ? Pourquoi rit-il ? Elle ne sait pas; naïve et innocente, elle ne comprends pas qu'une cabane ne tombe pas de ciel. Mais Victor rit et cela ajoute à son bonheur, alors elle sourit. « Des petits elfes des bois ont travaillé dur toute la nuit pour te faire plaisir…Je plaisante. Mes mains ont fait ça, rien que pour toi. » Alice écarquille les yeux à la mention des elfes. Elle est toute prête à le croire, cela se voit sur son visage. Pas d'elfes impliqués pourtant, tout vient des mains habiles de Victor. Elle n'est pas déçue, elle est ravie: c'est bien aussi. C'est mieux. Le sourire d'Alice s'agrandit encore un peu, si c'était possible.

« - Je n'ai jamais eu d'aussi merveilleux cadeau. Merci, Victor. »

Elle tente de prendre un ton calme et raisonnable, alors qu'elle a envie de chanter et de danser comme une folle, folle de joie. Ses cadeaux habituels consistent en des robes laides à mourir, parfois quelques livres. Rien d'aussi beau. Rien fait juste pour elle. Il l'embrasse doucement sur le front, cela remplace toute l'affection qu'elle n'a pas reçu à la maison. « Bon anniversaire ! Maintenant fais un vœu… » Obéissante, Alice ferme les yeux, les sourcils froncés, le front plissé, elle se concentre. Il faut que ça marche.

Un voeu ?Le choix n'est pas bien difficile. Un monde meilleur. Un monde où cet ennui humide et déprimant arrêterait de leur coller à la peau. Où elle pourrait rire à gorge déployée sans qu'on la regarde de travers. Où Victor quitterait l'air sombre qu'il arbore parfois. Où l'on vivrait tout le temps dans une cabane perchée dans la forêt. Où l'on rayonnerait de folie et d'illogisme, où l'on boirait du thé et vivrait des aventures sans avoir peur. Elle rouvre les yeux et lui adresse un sourire joyeux :

« -C'est fait ! »

Victor déballe ce qu'il a amené. Des affaires fantastiques pour un lieu fantastique. Il finit par se tourner vers elle, pour déposer quelque chose dans sa paume. C'est rond, c'est froid, c'est petit, c'est gris. « Comme ça, même si tu te perds, tu auras toujours l’heure. Le mécanisme est particulier, c’est une montre qui ne s’arrête…jamais. » Tenant la petite montre au bout de la chaîne, Alice la lève devant ses yeux, pour la fixer avec des yeux ronds. Le trottinement de l'aiguille est fascinant, captivant. Elle pourrait facilement se laisser envoûter par le léger tic-tac. Elle ne sera plus en retard comme ça. Elle murmure pour elle-même :

« -C'est de la magie... ».

Alice glissa précautionneusement la petite montre dans l'une des poches de sa robe et s'apprêta à lui sauter au cou et à clamer son amour pour la petite merveille qu'il vient de lui offrir. Mais Victor n'est déjà plus là. Enfin si, il est là, les deux pieds bien arrimés sur le plancher de bois, mais il n'est plus vraiment avec elle. Le regard de la jeune fille vacille, se fait un peu plus inquiet. Elle l'a déjà vu ainsi, plusieurs fois. Des ennuis avec son père, son frère qui est parti... Victor a beau semblé froid, voire cynique, il tient à sa famille, il a peur et il éprouve du chagrin. « J’ai peur, Alice. Pour mon frère. J’ai peur qu’il soit… » Quoi ? Non, non ! De la même manière qu'il n'arrive pas à prononcer le mot, elle a peur de l'entendre.
Alice panique intérieurement, un peu.
Elle n'est pas douée pour réconforter les gens, elle dit toujours quelque chose à côté, à côté de la plaque et pile ce qu'il ne faut pas. Elle parlerait d'un chat à une souris ! Et elle ne veut pas dire n'importe quoi à Victor. Elle veut l'aider, elle veut le revoir sourire.

Cependant, il tremble, il est au bord des larmes et le coeur de la jeune fille est étroitement serré dans sa poitrine. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'on inflige ça au jeune homme ? Ce n'est pas juste. Alice pressa doucement les bras tremblants de Victor. Elle avait l'impression que ses propres mains tremblées par empathie. « Je ne sais pas quoi faire…je n’ai personne…Père est devenu muet, il n’est plus qu’une vaste ombre errante. Je suis terriblement seul au manoir…heureusement que tu es là, sinon… » La solitude, l'ignorance, l'indifférence. Que ce monde est ignoble. Elle n'a pas besoin de mettre les pieds au manoir pour l'imaginer, errer sans rien dire, dans un silence complet, avant d'aller se cacher dans son laboratoire où elle va si souvent l'embêter. Alice note dans un coin de sa tête d'y aller encore plus souvent, de le harceler s'il le faut.

« Sinon quoi ? »

La question a fusé, inquiète, presque angoissée. Alice rive ses yeux sur Victor, cherche à capter son regard. Non. En fait elle ne veut rien entendre, les suppositions qui traversent son esprit, nourries par son imagination fertile, sont terribles. A défaut de plaquer ses mains sur ses oreilles, Alice posa sa petite paume sur la bouche de Victor.

« - Non, non. Ne parle pas de malheur. Il n'est...Il va revenir, Victor, il faut y croire. Il va te revenir, il t'aime. Ton père aussi, il est juste nul pour le montrer. »

Les gens s'égarent parfois, mais ils essayent de revenir aussi vite qu'ils le peuvent. Alice a peur que Victor s'en aille à son tour, s'enterre dans son chagrin, et finisse par devenir une ombre, pour de vrai. Elle le serre dans ses bras, lui sourit avec toute la force qu'elle peut, elle veut rallumer son sourire. Elle s'agite, babille, parle trop vite.

« Je suis là, je te le promets. Ne me laisse pas et moi, je ne partirais pas. Oublie les manoirs lugubres, ils sont tristes à mourir, même avec des gens heureux dedans, ils finiraient par être déprimants. Tu m'as moi, tu as ton labo mystérieux, ai foi...» Sa voix s'éteint, elle le relâche, inspire un grand coup. Sa main quitte Victor pour plonger dans sa poche, et serrer fort entre ses doigts la petite montre.




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MessageSujet: Re: Never let you down ♠ Alice & Victor   Sam 27 Avr - 18:29


Allez viens je t'emmène au vent

Sourire, faire bonne figure, prétendre que tout va bien. Quelle douce illusion. J’aime me voiler la face. Devant Père, je ne montre rien. De nous deux, il faut bien qu’il y en ait un qui tienne encore la route, qui ne sombre pas totalement. Moi je m’arrête juste avant l’effondrement. Je fais comme si de rien n’était, faisant fi du presque deuil dans lequel le manoir est plongé. Pourquoi ne pas l’enterrer vivant tant qu’on y est ? C’est comme s’il était déjà six pieds sous terre. Alité, le chef de famille alourdit mon fardeau, il ne trouve qu’une cible à ses humeurs versatiles…je supporte sans broncher, sans pleurer. Mais à présent, je ne peux plus dissimuler le mal-être qui m’empêche de dormir.

Ma tête déconfite ne doit pas aider. Allez, un petit effort, pour elle. Sois fort. Alice a beaucoup grandi. Treize ans, la joie de vivre aux lèvres, je devrais l’imiter. Elle est un petit trésor qu’on aimerait cacher au reste du monde, qu’on garderait pour soi comme un petit talisman porte-bonheur et qu’on porterait tout contre son cœur en cas de coups de blues ou pour des moments bienheureux comme celui-ci. Mes ennuis s’envolent quand elle est là. J’ignore comment elle y parvient, mais mon spleen passe, comme si elle anesthésiait les problèmes le temps de quelques heures.

Parfois je lui fais la lecture, elle m’écoute en fermant doucement les yeux, appréciant les modulations de ma voix. Je donne vie à ces personnages de contes de fées. Je choisis des histoires pleines d’aventures, de pirates et de sirènes, de merveilleux héros et de belles princesses. C’est une vision du monde un peu faussée, mais on a tous le droit de rêver non ? Elle fait un vœu, je me demande lequel même si j’ai ma petite idée. Moi aussi je fais un vœu. Peut-être qu’une double demande a plus de chance d’être exaucée. L’émerveillement de son visage appelle l’espoir.

« Sinon quoi ? » J’avale ma salive avec difficulté tant j’ai la gorge nouée. Je m’apprête à déballer mon sac, à lui avouer que je ferais certainement une grossière erreur en quittant tout pour retrouver mon frère et que sans elle…qui sait ce qu’il adviendrait de Victor Frankenstein ? Sa main tait les angoisses qui s’entassent dans mes pensées brouillonnes. Elle a raison, je dois me ressaisir. Tout n’est pas perdu, pas tant que la vie coulera dans mes veines. Elle me sert dans ses bras, communiquant affection et réconfort. Je hoche la tête.

« Promis ? » Moi non plus, je ne t’abandonnerai pas, ma petite Alice. Et si l’un de nous doit partir, il reviendra toujours ou alors, partons ensemble à l’aventure.

La pluie a cessé. Après un temps, je déclare calmement : « Je te raccompagne chez toi. » Je l’aide à descendre en gentleman. Vers quoi courir, vers quoi mourir, vers quoi survivre ? Je lui prends la main comme avant et comme toujours. Je suis son guide. Elle est ma boussole. Je l’emmène au-dessus des gens. « N’oublie pas cet instant, grave le dans ta mémoire. S’il ne doit te rester qu’un souvenir de moi, je veux que ça soit celui-là, d’accord ? » Je lui lance mon plus beau sourire, celui des beaux jours, le tendre, l’ami, le grand frère sourire.

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MessageSujet: Re: Never let you down ♠ Alice & Victor   Dim 5 Mai - 21:36


♠ I've dreamt of Wonderland for you and me ♠


Boum, boum. Le coeur d'Alice bats férocement dans sa poitrine, elle l'entends, il sonne dans ses oreilles. Elle a peur pour Victor. Elle est en équilibre sur une corde raide, suspendue au-dessus de la forêt : elle est partagée entre la joie de cette après-midi volée, pleine de bonheur, et la crainte que le chagrin de Victor lui fait. L'homme qui lit des histoires pour elle, qui lui raconte depuis longtemps maintenant de merveilleuses histoires, où tout est fantastique et finit bien, l'homme qui est l'un de ses rares amis... cet homme semble avoir perdu l'espoir, la foi, ou la joie, quoi que ce soit. Cela l'attriste.

Elle voudrait l'aider, le consoler, entendre tout ce qu'il a à dire, tout ce qu'il porte, caché en lui. Elle n'a que treize ans, elle a beau vouloir prendre tout le chagrin de Victor avec elle, elle en est incapable. Mais ce n'est pas grave, elle grandira, mais elle aura toujours son grand frère auprès d'elle, et elle fera toujours de son mieux pour apaiser le poids que son père fait peser sur ses épaules, pour lui rendre le sourire... « Promis ? » Alice acquiesce doucement, un sourire léger revenu sur ses lèvres. Evidemment promis, croix de bois, croix de fer, si je me mens je vais en enfer. Une vie de merveille les attends encore !

Ils restent là, profitant de leur paradis à mi-chemin entre les cieux et la terre. La pluie tombe doucement sur le toit, et puis soudain c'est le silence. Alice lève la tête vers le toit de bois, alors que Victor reprends la parole: « Je te raccompagne chez toi. » Alice se retourne vers lui vivement :

« -Déjà ? »

Son ton exprime la surprise, dans son regard passe une étincelle de déception. Elle ne veut pas partir, pas maintenant, pas déjà. C'est le paradis, pas la vraie vie. Oui, Alice, il va falloir grandir, on ne peut pas vivre dans la cabane. Après tout, sa merveilleuse fête d'anniversaire l'attends... Elle prends la main qu'il lui tends, et descend précautionneusement l'échelle en bois, même si elle est sûre qu'il la rattraperait, si elle tombe.

Ils commencent à rentrer, elle a envie de traîner les pieds, lorsque Victor se tourne vers elle, souriant :« N’oublie pas cet instant, grave le dans ta mémoire. S’il ne doit te rester qu’un souvenir de moi, je veux que ça soit celui-là, d’accord ? » Alice serre la grande main qui tient la sienne, la pressant doucement. Elle lui rends son éblouissant sourire. Ca va mieux, ça réchauffe. Elle ferme les yeux, se laisse saturer par le moment, par la joie, par la perfection de la compagnie de celui qu'elle considère comme son grand frère.

« - D'accord. Je ne t'oublierais pas Victor, ni toi, ni … cet anniversaire. Merci. »

Elle le regarde, des étoiles dans les yeux. Le ton solennel de Victor l'effraye un peu, mais il n'y a pas de quoi. Elle gardera ce souvenir en mémoire, comme tous les autres. Celui-ci brillera peut-être plus simplement plus fort dans sa mémoire. Il est parfait . Mais y en aura d'autres, de toute manière : il n'y a pas de raison qu'ils soient séparés, n'est-ce pas ? Ce bonheur durera, même s'il est entouré par la grisaille.

« -Attends ! »

Alice pousse un cri, elle a vu quelque chose jaillir des fourrés. Un lapin ? Ce doit être un lapin, bien qu'il lui semble tout particulier. Intéressant. Mignon. Dieu qu'elle peut être distraite, parfois. Tout le temps. Elle tire Victor vers les fourrés, emmêle sa robe dans les branchages, où est passé le lapin, a-t-elle lâché la main ? Elle tends le cou, oui elle le voit, un peu plus loin. Elle est entourée par les arbres, où est le lapin, où est Victor ?

 « - Victor !»




Elle est un petit trésor qu’on aimerait cacher au reste du monde, qu’on garderait pour soi comme un petit talisman porte-bonheur et qu’on porterait tout contre son cœur en cas de coups de blues ou pour des moments bienheureux comme celui-ci.  ♥️ Whale

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MessageSujet: Re: Never let you down ♠ Alice & Victor   Mer 29 Mai - 13:09


Don't follow the white rabbit

Le hurlement du vent étouffe nos prières de paix. Une houle secrète souffle dans les arbres. Je serre la main d’Alice un peu plus fort, comme si…comme si la lâcher une seule seconde voudrait dire : la perdre. Je ne peux pas faire abstraction de cette peur solitaire. Son sourire est rayonnant et mon cœur étrangement triste.

Je sais l’inéluctable. Je connais la réponse à la grande question de l’univers. Un jour, il faudra nous séparer. Mais ce jour-là n’est pas arrivé, n’est-ce pas ? Je réitère mon vœu le plus cher. C’est vain, or je le répète pour je-ne-sais quelle raison comme une litanie. Pour conjurer le mauvais sort peut-être. Le mauvais temps. L’heure qui tourne, l’heure qui nous éloigne un peu plus. Souffre-t-on seulement de l’amour ? Est-ce une faiblesse, l’unique faille, ou au contraire, est-ce la source de toutes nos actions, de toutes nos pensées, de notre vrai courage ?

Quel Esprit malfaisant veut me la ravir ? Je ne la laisserai pas, j’ai promis. Mes regards lui adressent toute la tendresse qu’un cœur malmené par les vicissitudes de la vie peut prodiguer. Je m’en rends compte à présent, mille fois plus qu’hier. Je l’aime. Si elle devait partir, il n’adviendrait rien de bon de Victor Frankenstein. Si jusque là je tenais encore debout, dominant mes peurs, essayant de passer pour le frère modèle, c’est que j’avais une lumière. L’illusion d’un but. Que restera-t-il ? Une montre à gousset, quelques pages d’une histoire au seuil de l’aventure, l’inachevé, l’éphémère ? Tout passe.

Une bourrasque de vent me fait frissonner. Un mauvais pressentiment effleure ma peau glacée. La pluie est de retour. Nos mains sont trempées d’une angoisse inhumaine. Les doigts glissent. J’entends sa voix, étouffée par les fourrés, j’entends le bruissement du peuple sylvain. Une idée subsiste : la rattraper. La sauver ? Je me vois courir après une ombre. Je trébuche plusieurs fois, me râpe les genoux, m’enfonce dans la boue.

« ALICE !!!!!! »

Elle aussi m’abandonne. Gerhardt, Père, Mère, tous partis, évanouis dans cette Nature terrifiante. J’aperçois une silhouette penchée vers…Je cours quitte à perdre le souffle. C’est elle. J’arrive ! Je ne vais pas assez vite. Je l’ai perdue de vue une nouvelle fois. Je chute lourdement au sol et tends la main dans…le vide. C’est comme un rêve éveillé d’une lenteur accablante, figeant le temps. Je ferme les yeux. Quand je les rouvre, sa main est à nouveau dans la mienne. Je ne compte pas te lâcher. Tu as promis, Alice.

Un éclair dans le ciel noir m’éblouit. Déchirement dans la grisaille. Je sais que nous ne tiendrons pas ainsi éternellement. Il faudra bien lâcher…Je ne m’y résous pas. C’est hors de question. Hier, de l’espoir, de beaux projets. Aujourd’hui, elle part sans moi. Mon bras me lance. Nous n’avons plus la force de vaincre l’impossible. « Je t’attendrai… » Le dernier murmure. Je ne sais pas si elle l’a entendu. J'espère.

Reviens-moi.
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Je nie les larmes leur lumière
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Je suis passé tout est passé
Je suis une ombre dans le noir
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MessageSujet: Re: Never let you down ♠ Alice & Victor   Ven 31 Mai - 19:48




♠ Down to Wonderland ♠
Un lapin !
L'éclat blanc se répercute entre les arbres et dans les buissons. Un lapin, vêtu d'un gilet de costume, elle en est sûre et certaine. Elle a un éclat de rire enthousiasme . Elle tire la main de Victor, elle lui échappe, mais continue à courir pour suivre l'intrigante petite créature. Son attention est captivée, plus rien ne l'arrête, ni les branchages qui la piquent, les broussailles qui retiennent sa robe, la pluie glaciale qui s'est remise à tomber et l'obscurité qui l'effraye.
Victor ? Où est Victor ?
Le coeur battant, Alice se retourne enfin, et cherche son grand frère du regard. Un regard d'écureuil effrayé derrière le rideau désordonné et humide de ses cheveux grisâtres.

Un bruit récupère son attention, elle se remet à courir juste à temps pour voir le lapin s'engouffrer dans son terrier.
Elle dérape dans la boue.
Tombée à genoux devant le trou qui s'ouvrait dans le sol, Alice respire l'air à petites bouffées. Elle ne s'arrête pas trembler, ni de fixer l'ouverture sombre, gargantuesque. Comment un petit lapin si adorable pourrait s'y cacher ? Elle entend les pas précipités de Victor derrière elle, qui accourt, la rejoint, la sauve. Alice dévisse sa tête vers lui, lui sourit, soulagée. Elle tend la main vers le trou : un terrier, comment il est grand ! Un lapin, comme il était habillé ! Elle s'apprête à tout lui raconter, à lui dire, à jurer croix de bois croix de fer si je mens je vais en enfer, mais elle s'est penchée en avant dans son mouvement, son poids l'entraîne, la terre boueuse cède sous elle, elle tombe.

Même pas le temps de hurler, la terreur prend le dessus. Son coeur s'arrête, hurle de joie : la main de Victor saisit la sienne. Sa main libre se prend dans les racines, glisse pour atteindre son grand frère. Sauve-moi.
Le visage de Victor se détache au-dessus d'elle, lui donne envie de pleurer. L'effroi, la tristesse qui s'y lisent en un éclair lui font réaliser. Que s'est-il passé ? Elle va le perdre. Le quitter, l'abandonner. Elle ne le reverra pas. Il va être seul, dans cette morne grisaille. Qu'elle tombe dans un terrier, qu'elle sera seule et que c'est absurde, ça, ça ne la traverse pas.

« -Désolée... »

J'avais promis, je t'avais promis, je ne veux pas. C'est Victor la seule personne qu'elle aime, un des rares rayons de soleil de ce monde triste à mourir, et elle va laisser seul. Elle n'a pas peur. Elle ne juste pas l'abandonner avec ses fantômes, il lui fait peur quand il y pense.
Non, non.

«-VICTOR! »


Cri aigu de fillette terrifiée. Trop tard. Les doigts sont humides, l'orage tonne, le gris se mélange au brun de la terre, au vert de l'herbe, à des couleurs chaudes jamais observées avant.
Elle tombe, tournoie, chute sans fin.
Un piano, un lit, un pot, une étagère. Les couleurs lui vrillent le crâne. Victor arrive toujours à soigner les maux de tête. Pas là. La nausée, la migraine, l'émerveillement. Lorsque le dos d'Aice heurte enfin un sol dur, il n'y a plus de trou gris visible au-dessus d'elle, Victor est invisible, hors d'atteinte.




Elle est un petit trésor qu’on aimerait cacher au reste du monde, qu’on garderait pour soi comme un petit talisman porte-bonheur et qu’on porterait tout contre son cœur en cas de coups de blues ou pour des moments bienheureux comme celui-ci.  ♥️ Whale

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